Proxima estación Esperanza

Vie professionnelle et sentimentale ou vie tout court d'une prof aux Antilles

13 mai 2007

J'adoooooooooooooore les mariages, si si je vous jure!

Moi j’adore les mariages.

J’adore être engoncée dans ma robe, avoir des chaussures à talons qui me torturent les pieds et me donnent des crampes au mollets. Dans la tête j’ai assez d’épingles pour faire un chignon à la Vénus de Botticelli, punaise, et c’est toujours à ce moment là que ça gratte. Bon, je tente de glisser un ongle dans une des mes nombreuses boucles. Aaaahhhhh, soulagement immédiat, maintenant il s’agit de retirer ma main sans défaire mon beau chignon.

J’adore les mariages, et puis…

J’adore attendre des heures debout au soleil « bon alors maintenant la famille de la mariée, maintenant les cousins germains du marié du coté du père mais qui habitent dans le sud, maintenant les cousins germains du marié du coté du père mais qui habitent dans le nord ». Et puis à la fin, une fois que toutes les photos sont prises, vous dites: "hum, mais moi j’ai pas eu de photo avec vous". Et oui, parce que vous n’entrez ni dans la catégorie des copines de Madrid, ni dans celle des copines de Lycée, ni dans les amis de Pétaouchnock. Bon, alors c’est pas grave, j’ai pas attendu trois plombes pour rien, je vais la faire ma photo. Hop, je me met à coté de la mariée, j’ai pas le temps de regarder la caméra en prenant la pause que clic clac c’est pris, avec le soleil en pleine face à tout les coups j’ai les yeux fermés. Je sais bien qu’il faut pas être à contrejour, mais pourquoi les photographes ne se débrouillent pas pour faire des photos dans des endroits où on n'ait pas le soleil dans les yeux? Alors voilà, dans l’album de photo de ma cops je serai sur une photo ratée avec les yeux fermés.

Et puis, dans les mariages, j’adoooooooore, être la seule célibataire. J’adore, quand les mariés ouvrent le bal et invitent les autres couples à les rejoindre, rester sur ma chaise, à me dire : « punaise, si j’avais un amoureux, moi aussi j’irais danser tout contre lui sur la piste ». Mais j’adore encore plus ces couples qui pourraient le faire, eux, et qui restent blasés sur leur chaise.

Moi aussi, dans les mariages, j’adore les enfants qui pleurent pendant la cérémonie. Je trouve que ça ajoute un petit challenge pour le maire où le curé.

J’adore ces gens qui vous disent « allez, toi aussi tu te mariera ». J’adore répondre « Dieu m’en garde, je n’ai pas envie de me marier ». Incrédulité des gens. Et pourtant non, je ne veux pas, je n’ai pas envie de tout ce folklore. Le mariage c’est comme les piercings, je trouve ça très joli sur les autres, mais je n’imagine pas ça pour moi. Non j’ai juste envie d’avoir un amoureux et deux brosses à dents dans la salle de bain (et un jour 3, puis 4).

J’adore les hip hip hip hourra kitchissime, et aussi le Beau Danube bleu pour ouvrir le bal (ou André Rieu au choix), où encore les musiques grandiloquentes qui accueillent l’arrivée des mariés dans la salle de réception, genre Jean-Michel Jarre, tout le monde se lève, applaudit…

Dans les mariages, s’il y a un truc que j’adore, mais là, vraiment, que j’adore, c’est le disc jockey. Qu’il soit issu de la vague disco ou de la vague techno, c’est la même chose, le mec il se fait « plèze » à passer ses scuds, sauf qu’il a pas remarqué qu’il y a plus personne sur la piste depuis une heure. Bon, alors Manu, bonne poire, va voir le DJ.

« Dites moi les mariés vous ont donné  un cd avec des musiques à eux non ?

_ Euh oui, mais là j’ai passé déjà au moins 10 chansons du cd tout à l’heure

_ non parce que là, vous voyez, les gens ne dansent plus, et bon, comme c’est un mariage franco espagnol, il y a beaucoup d’espagnols , et ils sont pas trop habitué à ce type de musique, alors là il reste ¾ d’heure avant la fin ( et tu t’es suffisamment tapé ton délire macumba night connard) alors ça serait sympa que les invités qui restent (en majorité des espagnols) en profitent.

_ non mais là tu vois, bon, les gens d’abord faut les appâter, faut les faire venir sur la piste, et ça c’est mon boulot »

OK, y’a pas plus ouvert d’esprit qu’un DJ. (Heureusement la mariée est allée le voir, il a mis ce foutu cd de musique latino et tout le monde a dansé jusqu’au bout).

Bon sinon, il y a quand même des choses que j’aime dans les mariages :

* Les petits fours

* Faire le clown pour la surprise aux mariés (et même que j’ai même plus peur de parler dans un micro devant tout le monde et tout et tout)

* verser ma larme au moment du Oui (on a beau être un célibataire endurcie on en est pas moins une chouineuse attendrie)

* les sourires de bonheur des mariés

* revoir tous les copains

* faire les fous sur la piste

* Avoir été là pour le plus beau jour de la vie de mon amie (moi le plus beau jour de ma vie c’est celui où j’ai appris que j’étais admise au concours… mais je ne désespère pas… il peut y avoir de plus beaux événements… peut être qu’un jour je réussirai l’agreg ? hum hum, attention, second degré…)

Posté par Manu_0210 à 13:04 - sociologie de comptoir - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


02 mars 2007

Dieu existe

Oui Lecteur, Lectrice, j'en ai la preuve formelle. Dieu existe, mais il ne nous a pas crées par amour comme on tente de nous le faire croire à tort. Dieu est un informaticien de génie, et il a crée un super jeu qui s'appelle The Word. Il a commencé par inventer deux personnages, qu'il a appelé Adam et Eve. Il les a installés dans un coin sympa le skin jardin d’Eden, puis, il a ajouté un élément The Snake (oui Dieu parle anglais au départ, mais les développeurs du jeu l’ont traduit dans toutes les langues). Après, il a mis le programme : la tentation, symbolisé par un pomme, il avait pas des masses d’imagination ce jour là, parce que moi, j’aurais mis, je sais pas moi, un pot d’Hägen Daz Belgium Chocolate, ou une bouteille de Heinneken bien fraîche, ou un verre de Sauternes avec une assiette de fois gras, ou au pire, si vraiment il voulait mettre un fruit ben une mangue, mais non, Dieu il a mit un pomme, et il s’est bien marré quand Eve est allée croquer dedans. Après il a fait genre, « non mais je vous puni, fini le jardin d’Eden, blablabla » (en fait il venait de se chopper un virus, alors bon, il a fallu qu’il mette le jardin d’Eden à la corbeille), il a dit à Eve « tu souffriras en couche » tout ça parce qu’en fait ça le faisait bien marrer, et puis il s’est dit : « tiens, si on les faisait se reproduire ? ».

Alors on en est là.

Et faut que je vous raconte la partie de The Word de Dieu, mercredi après midi.

Bon alors, mercredi, Dieu, il a ouvert la partie  « Manu, la prof d’espagnol pas trop glamour ». Bon, il a dit, je vais la faire aller à la pharmacie, pour lui faire acheter des trucs comme du déodorant anti transpirant et anti auréoles qui te foutent la honte en public, un crème qui marche pas contre la cellulite mais que t’en achète quand même parce qu’un message subliminal à la télé te dit « achète c’est bien, si t’achète pas tu vas mourir dans d’atroces souffrances ».

Manu parti donc à la pharmacie pour acheter ses trucs top glamour, manquait plus qu’une pommade contre les hémorroïdes, ou un traitement pour soigner les mycoses. Vous savez (non vous ne savez pas, ça n’arrive qu’à moi de pareils moment de souffrance) ce moment où vous arrivez à la pharmacie, il y a une queue de trois kilomètres de long derrière vous, et vous dites tout doucement :

_ euh, je crois que j’ai une mycose vaginale, ma gynéco est partie deux semaines aux Bahamas (ouhais en partie avec mes sous) et j’aimerais bien avoir un traitement.

_ parlez plus fort je vous entends pas »

Bon alors là, vous parlez plus fort, histoire que toute la pharmacie en profite, et le pharmacien, qui pour une fois est un jeune type plutôt mignon et pas une vieille peau en blouse verte dit à un volume sonore assez élevé pour que Roger, qui est à l’autre bout de la pharmacie entende « dis donc Roger, je lui donne quoi à la petite dame là, elle a des pertes odorantes et ça démange, et elle est allergique à Mycosenator. » Bon, Manu était en train de repenser à tout ça, en faisant la queue avec son traitement contre les auréoles et sa crème anti cellulite, quand elle releva la tête, c’était à son tour de passer à la caisse. Et évidement, la caisse libre, je vous le donne en mille, c’était la caisse du beau pharmacien, celui qu’on tombe jamais sur lui quand on vient acheter une boite de capotes et des bonbons au miel, ou un masque hydratant. Alors là, Manu se mordit la joue pour ne pas éclater de rire. Elle posa ses achats sur le comptoir en évitant de regarder le beau pharmacien dans les yeux, quand son regard tomba sur : « Antironfle, tu te mets un médicament sous la langue et pffuit, tu ronfles plus » ce qui lui fit penser à ça. Et là elle faillit s’étouffer à force de rire, grillant à jamais ces chances avec le beau pharmacien.

Dieu mercredi, il s’est éclaté en jouant à The Word. Heureusement, le soir, il devait être d’humeur romantique, parce que finalement, Jeune Homme Timide a embrassé Manu.

Posté par Manu_0210 à 17:15 - sociologie de comptoir - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 février 2007

Bonne fête à tous les amoureux

Bon, comme tout le monde est amoureux sauf moi, je vous souhaite quand même (pas rancunière la meuf), une bonne Saint Valentin. Lecteur, lectrice, ne fait pas la fine bouche, genre "la Saint Valentin c'est commercial, patati, patata".

C'est commercial d'accord, mais d'abord, les cadeaux ça fait toujours plaisir, oui, même ce nounours ridicule que toi la blonde au fond tu tiens précieusement dans les mains (alors que t'aurais préféré un 3 carats de chez Cartier, parce que comme dirait l'autre, "les diamants c'est éternels" alors que les nounours c'est plein d'acariens. Oui, jeune premier (au fond à gauche), même ce caleçon à p'tit coeurs d'amour rouges _ trop grand ou trop petit et  plutôt crever la bouche ouverte que le mettre un jour où y'a entraînement de rugby, tu préférerais encore mettre un slip kangourou à rayures _ que ta blonde t'as offert c'est un beau cadeau!

Et puis après, tu vas aller au restau avec ta moitié, tu vas payer super cher, tu vas faire la queue une heure dehors (et te geler les miches) parce que t'as oublié de réserver, mais vous pourrez vous regarder dans le blanc des yeux, alors que moi, j'aurais les yeux tous blancs à force de les fixer sur mon écran de PC pour préparer ma séquence d'enseignement de merde.

Enfin, lecteur, lectrice, si t'as bien calculé ton coup, bu juste ce qu'il faut, ni trop ni trop peu, tout ça peut se finir par une orgie sexuelle (et moi j'ose même pas me demander combien de mois ça fait que j'ai pas fait l'amour).

Alors lecteur, lectrice, je te souhaite une bonne Saint Valentin, et ne crache pas dans la soupe, toi qui a de la chance d'en avoir une, pense aux malheureux qui sont au pain sec et à l'eau!

Posté par Manu_0210 à 19:26 - sociologie de comptoir - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 janvier 2007

Ma première réunion parents/profs

En jeune prof responsable, ce soir, je suis allée à la réunion parents/profs pour les 3ème. Comme j'étais à l'iuphme de marseille, j'ai du partir 10 minutes avant la fin des cours (donc à 15h50), j'ai laissé mon co-voitureur (oui dans un soucis écologique je fais du co-voiturage avec un pote stagiaire) chez lui, et je suis partie dans la foulée à mon collège, je suis arrivée au collège à 17h10 (tout ça pour vous dire que je me suis tapé une heure vingt de bagnole pour aller à cte p... de réunion), et je suis restée au collège jusqu'à 19h30.

Tout ça pour voir..... 2 parents d'élèves! Sur une classe de 26 élèves, il n'y a que deux de ces p... de parents d'élèves (qui habitent le village hein, pas à 20 bornes du village comme moi) qui ont daigner pousser la porte de la classe d'espagnol. Et après, nos chers parents d'élèves apprennent à leurs enfants que les profs sont trop payés pour ce qu'ils foutent.

Il faut 4 ans à un individu pour devenir enseignant post bac, il faut pas plus de 10 minutes de partie de jambes en l'air pour transformer un individu lambda en parent, et par extention en parent d'élève, et se sont eux qui ont le pouvoir. "Avec les impots qu'on paye", disent-il, oubliant que les profs aussi payent des impots.

Voilà, vous allez me dire, t'en verra d'autres, mais comme ce blog raconte les impressions d'une prof débutante, je voulais vous raconter celle là. Un peu énervée d'avoir poireauté pour rien pendant deux heures, mais toujours passionnée par mon nouveau métier.

Posté par Manu_0210 à 22:45 - sociologie de comptoir - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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