Proxima estación Esperanza

Vie professionnelle et sentimentale ou vie tout court d'une prof aux Antilles

18 janvier 2008

Arrêt de travail

Trois jours, pour un vilain microbe qui me fait mal à la gorge comme une angine, mais ce n'est pas une angine, et donc c'est pas viral, et comme les antibiotiques c'est pas automatique mais que là c'est pas viral, et ben j'ai des antibiotiques et 3 jours de REPOS.

Je peux vous dire que j'ai bien écouté mon médecin, ces deux derniers jours levée 8 heures, quelques épisodes de Nip/Tuck à fantasmer sur le docteur Troy (n'écoutes pas Lui, tu sais bien que je ne fantasme que sur toi, c'est juste pour ne pas perdre mon lectorat de greluches) (n'écoutez pas les greluches, c'est juste pour rassurer Lui, je fantasmais bel et bien sur mon petit Christian), entrecoupé de siestes et de rêves érotiques (Lui: dont tu était le principal protagoniste bien entendu, enfin, toi et une sublime blonde... c'est ça, rêve) (Les greluches: bah je vous fait pas de dessin, sans oublier que j'ai regardé quelques épisodes de Grey's Anatomy, et le docteur Sheppard, miaaaam) Après un petit repas léger, prise de température, encore à 38, encore du paracétamol pour baisser la fièvre, une sieste, réveil, Lui au téléphone:"mais oui mon amour tu me manques je ne rêve que de toi, tu voudrais pas t'acheter une blouse bleue? Non rien comme ça, un fantasme..."), ensuite un peu de lecture dans le hamac, le soir un bouillon de poulet préparé par ma maman qui est repartie avant hier au Brésil, un peu de télé et dodo vers 11 heures.

Avec ce rythme effréné, vous pensez bien que je n'ai pas eu le temps de venir faire un coucou sur mon blog, encore moins de corriger des copies. Bref, je me sens bien mieux aujourd'hui, plus de fièvre, mais encore un mal de chien à la gorge, et comble du bonheur, je sens venir la mycose vaginale (tiens ça faisait longtemps qu'on en avait pas parlé de celle là!) qui apparait à chaque fois que je prends des antibiotiques. Ahhh le bonheur d'être une femme! J'aimerai bien que les mecs aussi puissent avoir des... je sais pas des mycoses glandaires à chaque fois qu'ils prennent des antibiotiques. Mais je m'égare.

Me voilà en meilleure forme, et je me demande, si finalement je n'ai pas psychosommatisé dans le but d'échapper trois jours au collège? Bref, cette convalescence m'a fait du bien, me voilà prête à profiter du weekend avant de retourner traumatiser de la greluche de 15 ans et du kéké des collèges.

Posté par Manu_0210 à 18:37 - Ma p'tite vie - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


23 mai 2007

Quand je rentre du travail

J'attend le moment sur la route où je passe à coté de ce champ là:

                                         Tomates_supo_et_coquelicots_007

Je me dis tous les jours que j'aurais du prendre l'appareil photo, jusqu'au jour où je pense enfin à le prendre.

Je m'arrête un jour pour prendre ce champs si rouge, si rouge en photo. Je suis déçue que ce soit si pâle, de ne pas savoir régler mon appareil pour rendre la flamboyance des couleurs, qui ressemblent plutôt à ça:

              Tomates_supo_et_coquelicots_009 mais puissance 1000.

Quand je rentre du boulot je pense aux élèves qui n'ont plus envie de travailler et à l'absurdité de continuer jusqu'au 4 juillet dans ces conditions. Je me dis qu'on devrait mettre les conseils vraiment fin juin, et ne pas arrêter les notes cette semaine, je me dis que c'est bête que les élèves ne fonctionnent qu'à la carotte des notes, ou alors c'est peut être les miens, dans ce cas ce serait un échec de ma part.

Quand je rentre du boulot je pense à tout ce que j'ai à prévoir pour le grand départ.

Quand je rentre du boulot je pense aux collègues qui se plaignent de tant de choses et qui ont si peu de raison de le faire, il se plaignent de ne pas gagner assez, de leurs problèmes de riches, de maisons à payer, de "cette année on a du renoncer au ski" (mais quand même pas aux vacances au Maroc), alors moi je pense que vu le prix de l'immobilier je ne pourrais jamais m'acheter q'un studio de 60 mètres carrés. Et puis au bout d'un moment je me remet à penser à mon niveau, à ma chance, je me dis que je bosse pas en usine, que je gagne presque une brique par mois comme dirait mon dad, que j'ai des vacances toutes les sept semaines, que les élèves sont chiants, violents, insolents, mais aussi touchants, attachants, intérressants. Alors je me dis que ça me fait chier d'écouter mes collègues, parce que je finis par croire que je suis malheureuse alors que je suis privilégiée.

Quand je rentre du boulot je pense à mon frère qui me prend la tête en ce moment par son égoisme, et que j'en ai marre d'être sa mère, et qu'il me crie dessus parce que je lui demande un service.

Quand je rentre du boulot je pense à My super PiCiPi avec qui je continue à travailler, à mettre en place des activités.

Quand je rentre du boulot je pense que j'ai envie de voir mes parents, qu'ils sont partis depuis déjà trois mois et qu'ils me manquent beaucoup.

Quand je rentre du boulot je repense à tout ce que les gens ont comme idées préconçues sur la guadeloupe, aux questions qu'on me pose, aux témoignages, aux phrases catégoriques "non mais il parait que ça passe ou ça casse, ou tu restes un an, ou tu restes toute ta vie" (et ben moi je veux y rester deux ou trois ans!), "non mais c'est sûr, tu vas nous revenir avec des petits métis et un beau guadeloupéen" (et si je revenais avec un Indien exilé, où si je revenais seule?), oui "et puis là-bas il y a plein de choses à faire" variante de "oui enfin là-bas t'as vite fait le tour).

Quand je rentre du boulot je me dis que j'aimerai bien avoir la clim dans ma super fiesta bleue.

Quand je rentre du boulot je me dis que la vie est belle. Décidément, ça va bien en ce moment.

Posté par Manu_0210 à 15:10 - Ma p'tite vie - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 mai 2007

Complètement Zsa Zsa Zsu ...

Pour ceux qui connaissent la Saga Burgos (hum, oui oui, je compte la finir un jour, mais ce weekend j'étais de mariage) je peux vous dire que depuis quelques jours je me sens comme tout en haut des montagnes russes.

Ca sent la barbe à papa et les pommes d'amour. J'ai envie de ce vertige, j'ai envie que mon chariot dévale la pente pour ressentir des papillons dans le ventre, mais bon, le truc, c'est qu'une fois que le manège s'arrête j'ai toujours l'estomac retourné...

Tant pis, je crois que je vais quand même faire un tour de montagnes russes avec mon "Prince aux yeux bleus".

Posté par Manu_0210 à 13:38 - Ma p'tite vie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 avril 2007

Mes parents adoptifs

Me voilà à Madrid. Hier soir je suis arrivée à l’aéroport de Barrajas où m’attendaient mes parents de substitution, Audrey et Pepe.

Depuis deux ou trois ans mon amie Audrey qui est plus jeune que moi de quelques mois, (c’est dire si le célibat infantilise) s’est mis en tête de me faire vivre à Madrid.

Quand je passais le Capes, elle me disait « si tu le rates c’est pas grave, comme tu as ton FLE, tu n’as qu’à venir à Madrid, tu donneras des cours de Français, c’est très bien payé ». Je répondais « mais Audrey c’est pas possible, c’est pas déclaré, je ne cotiserais pas pour la retraite, je n’aurais pas d’assurance maladie ». Elle rétorquait « mais si, tu trouves un boulot dans un école de langue, et tu complètes ton salaire avec les cours particuliers ». Cette conversation c’était reproduite des dizaines de fois, quand j’ai demandé « Admettons, que je vienne à Madrid, pour trouver du boulot il faudra que je sois sur place, mais au début je n’aurai aucun revenu, comment je ferai pour me loger et me nourrir, et si je tarde à trouver des cours particulier ? » Alors Audrey a dit « et ben tu viendras à la maison, tu peux rester tout le temps que tu veux, tu t’entends bien avec Pepe, et on cohabite bien ensemble », j’ai éclaté de rire « bien sûr Audrey, et après vous faites quoi ? Vous m’adoptez ? », « c’est pas une mauvaise idée ça, je vais en parler à Pepe, Pepe, ça te dit qu’on adopte Emma, on sera ses parents de substitution quand elle vient à Madrid ». Et c’est resté, Audrey et Pepe m’appellent "la petite" : la niña. Cet été, quand nous sommes allés avec mes parents passer une journée dans le village d’Andalousie où séjournait mon petit couple préféré, Audrey a continué la plaisanterie, demandant à ma mère si elle avait apporté les papiers pour devenir famille d’accueil. Voilà comment à 26 ans on devient fille adoptive d’une maman plus jeune que soit.

Ce matin maman A. est partie au boulot au lycée français, elle ne devrait pas tarder à rentrer et cet aprèm nous irons balader. J’ai profité de la matinée pour sortir un peu, humer l’air, certes un peu pollué mais tellement hispanique de Madrid. J’ai déambulé entre les bâtiments de briques rouges du quartier, j’ai fais quelques courses, observé les bars typiques aux plafonds desquels pendent de gros jambons serranos, les pâtisseries aux gâteaux trop crémeux.

Il me faut un petit temps d’adaptation pour que les mots redeviennent fluides, je jongle entre mon accent andalou naturel, et celui plus castillan que j’adopte en classe avec les élèves où avec my super PiCiPi.

Je vous laisse, j’entends la clé dans la serrure, maman Audrey rentre du Lycée.

Posté par Manu_0210 à 13:29 - Ma p'tite vie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 mars 2007

Confusion

Retour d'Espagne, dans le bus, un appel de Christine "tu pars en Guadeloupe, j'ai regardé les résultats sur le site du syndicat, vu la date de naissance, tu es la dernière admise dans l'académie."

Voilà, je pensais regarder les résultats chez moi, au retour du voyage, et puis la nouvelle est tombée. Je me suis dis, je dois le dire à Chéri timide. Il doit venir me chercher. My super PiCiPi réclame du champagne pour fêter la nouvelle. J'appelle Chéritimide. Je lui demande s'il peut passer prendre une bouteille chez moi avant de venir me chercher comme prévu. Il accepte. Je le sens mal à l'aise. J'envoie un sms "tu as l'air tendu, si ça t'embête je demande à mon frère de venir me chercher". Il répond "je me pose des questions sur nous, il vaut mieux que ton frère vienne te chercher".

Chéritimide était finalement un mauvais placement. Ce matin, j'ai débrieffé avec lui sur msn. Finalement un malentendu, il avait peur que je sois follement amoureuse de lui, ne partageait pas les sentiments qu'il m'avait attribué à tort... Je lui ai dis qu'il faisait fausse route, mais qu'effectivement il valait mieux en rester là. Il m'a proposé son amitié, je l'ai refusée, je ne crois pas à l'amitié entre les hommes et les femmes, pas quand les deux sont célibataires, pas quand on a couché ensemble avant, pas quand on désire encore l'autre... La preuve avec Sylvain. Peut être que ça marche pour certains, pas pour moi.

Finalement, il ne sait même pas que je pars en Guadeloupe. Hier soir, sans m'en rendre compte, je me suis trompée, j'ai pris sa brosse à dents à la place de la mienne, je devais déjà savoir. De toute façons il n'en aura plus besoin. Et puis je réalise, je pars, je pars en Gwada. Et j'ai un peu peur de partir seule, et puis l'angoisse d'après chaque rupture, et si je finissais vieille fille...

Ca passera dans quelques jours, je suis heureuse de partir.

Posté par Manu_0210 à 20:09 - Ma p'tite vie - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 mars 2007

News

¨        Chéri timide (z’avez vu il a changé de nom) a laissé une brosse à dents dans la salle de bain, ce qui implique qu’à la question « tu dors ici » il répond souvent « oh oui alors ! »

¨        J’ai repris le boulot, fini les vacances, toujours l’angoisse du lundi décuplée par la rentrée, mais j’apprends à la gérer.

¨        Je sors du collège avec la banane malgré les journées chargées ; les bonnes relations avec certains collègues, le contact avec mes élèves, les cours qui se passent de mieux en mieux, moi qui devient plus pédagogue, qui apprend à expliquer, à transmettre, tout ça fait que je me dis « ça confirme, c’est ça ma voie, c’est ça que j’aime faire ».

¨        Une information à mettre au conditionnel, mais il semblerait bien que mon cœur de pierre s’artichaurise et se guimauverise à nouveau.

¨        Toujours pas fini la redac de ce mémoire professionnel de merde, quelques belles nuits blanches en perspective, Lucinette je sais que la mention ne sert à rien, c’était pour ma fierté personnelle (je sais, je sais, c’est con, d’ailleurs j’ai mis ma petite fierté de coté, si je rend mon mémoire c’est déjà bien).

¨        La semaine prochaine je pars 4 jours à Barcelone avec my super PiCiPi et nos élèves, et ça va être trop trop top.

¨        J’ai envie d’avoir plus de temps pour écrire ici, mais en ce moment c’est la panique, alors hasta pronto

Posté par Manu_0210 à 00:06 - Ma p'tite vie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 janvier 2007

Le samedi matin

Depuis Septembre mes parents sont en France. Après 8 ans passés à vivre à Abu Dhabi, ils sont rentrés en attendant leur prochaine destination. Mon père bosse sur Paris en semaine, et il redescend en Provence le week-end.

Le Samedi matin, c'est la matinée de Papa, elle lui est consacrée, il a toujours des courses à faire, passer aux impôts, aller à la mairie, vider les déchets verts à la déchetterie. Alors je l'accompagne, d'abord parce qu'il a horreur de faire ces choses seul, ensuite parce que je ne le vois pas de la semaine, alors, pendant qu'il est là, je profite un peu de sa présence et lui de la mienne. Je lui raconte ce que j'ai appris de neuf sur la Guadeloupe, les cours, les élèves, il me raconte ses avions, ses dépannages auxquels je ne comprends rien et que j'écoute parfois j'avoue d'une oreille un peu distraite.

Si tout va bien, mes parents devraient partir au Brésil début mars (le Père-Noël parait m'avoir exaucée), ça se concrétise maintenant, les clients semblent avoir signé le contrat. Une nouvelle aventure pour eux, une nouvelle destination de vacances pour moi. Je me suis habituée maintenant à les avoir loin. Je n'avais pas encore 18 ans quand il sont partis vivre à l'étranger, et si un jour j'ai des enfants, j'aimerais avoir le courage de les rendre aussi autonomes que mes parents l'on fait avec moi. Je réalise maintenant le courage qu'il leur a fallu pour partir, ils disent qu'ils savaient qu'ils pouvaient me faire confiance, j'ai toujours eu beaucoup de liberté, le jour où j'aurai des enfants, il faudra que je sache m'en souvenir.

Posté par Manu_0210 à 16:52 - Ma p'tite vie - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 décembre 2006

Hier soir

Hier soir, soirée retrouvailles. J'ai réuni quelques amis, au départ, j'avais prévu une raclette de bon ton à ce moment de l'année, et puis je me suis dis qu'entre Noël et jour de l'an, un apéritif dînatoire ou chacun picorerais selon sa faim serait bien mieux. Je me suis donc mise au fourneaux, chose que je ne fais plus beaucoup depuis Septembre, puisque les parents sont à la maison et maman cuisine. Je me suis repue du bruit de gaz qu'on allume et de l'odeur de gaz des première secondes avant le wouh de l'allumette, des odeurs qui sortent du four.

Pour une soirée réussie prévoir: des bouchons au thons, des mini muffins aux noix et au jambon, une tortilla de patatas pour la touche espagnole, quelques bâtonnets de carottes, concombre et fenouil à tremper dans une petite sauce au yaourt et à l'échalotte, quelques pruneaux bardés de lard pour les gourmands, des toasts au saumon, et voilà une petite soirée tapas en perspective super sympathique. Arrosez le tout de bière, vin, jus de fruit.

Réunir: les copines de madrid, les copains de Paris, le pote du village d'à coté qu'on ne voit jamais parce qu'il bosse comme un malade (et moi aussi), ma petite C., Sylvain mon amour impossible et Fréro. Laisser agir l'alcool, se raconter les derniers mois, sortir un jeu de société, et le tour est joué. La soirée tire à sa fin, chacun repars chez soi. Sylvain aussi pour une fois. Je repense aux dernières rencontres, aux sentiments que j'étouffe, et qui renaissent à chaque fois que je le revois. A ce garçon qui me désire mais ne m'aime pas, "pas de cette façon là". A nos bouches qui se cherchent à chaque fois que nous sommes seuls, à nos corps qui se donnent, et jamais son coeur.

Tout le monde a appelé aujourd'hui, pour dire que la soirée était réussie, qu'ils ont passé un agréable moment. Voilà, c'est bien de pouvoir réunir tout le monde.

Posté par Manu_0210 à 14:42 - Ma p'tite vie - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 novembre 2006

Speed

                 J'ai pas trop eu le temps cette semaine. J'ai commencé à écrire des posts, et ils sont toujours à l'état de brouillon. Depuis deux semaines, j'ai commencé le stage SPA (aucun rapport avec Brigitte Bardot, et encore moins avec un bassin d'eaux bouillonnantes, le Stage de Pratique Accompagnée consiste à aller en lycée (pour les stagiaires qui sont en Collège, et en Collège pour ceux qui sont en Lycée), pour observer d'autres pratiques et d'autres élèves. A l'issue de cette observation, il faut prendre ces classes en main, leur faire 2 ou 3 cours et une évaluation. Je mets en place mes prochains cours. J'ai choisi de travailler sur l'utilisation des Tices en classe de langue pour mon mémoire professionnel, il faut donc que j'utilise les Tices pour pouvoir en parler! Mes prochains projets sont:  filmer une émission météo avec les 3ème, faire des recherches sur Noël sur Internet avec les 4ème, plus quelques analyses filmiques.

                Fréro a son permis! Il a reçu son papier jaune cette semaine, et ça m'a fait un petit pincement de le voir partir avec la voiture. Je me suis occupé de Fréro comme une maman (repassage, sermonage, lessives, courses, cuisine, réunions parents-profs, taxi) pendant 3 ans. Nos parents étaient à Abu Dhabi, Fréro est rentré en France pour aller au Lycée hôtelier. Il était interne, je l'amenais au train le lundi matin à 5 heures, je le récupérais le vendredi soir. Quand il était malade j'allais le chercher  en voiture. Fréro n'aimant pas beaucoup l'école, il y avait chaque semaine des négociations:

« _Manu, vient me chercher, je suis malade.

_Oh non, tu ne vas pas encore recommencer ?

_Mais cette fois ci c’est vrai Manu, j’ai une gastro, une bronchite, la grippe, des migraines atroces, un cancer du DS de gestion, une hépatite du cours de Math, une hyper flemmingite, une inflammation de bac blanc de français.

_ Non, tu as déjà eut 8 jours d’absence le semestre dernier, il est hors de question que tu loupes encore des cours

_ (larmoyant), mais je suis vraiment malade, s’il te plait Manu, vient me chercher

_Non, je suis désolée c’est non, après tu rentres et tu passes la semaine à regarder la télé. »

Et je raccrochais. Deux minutes après le téléphone sonnait.

« Mademoiselle S. c’est l’infirmière du lycée, il faut venir chercher votre frère, il ne va vraiment pas bien.

_ Ecoutez, je connais mon frère, il est encore en train de jouer la comédie pour ne pas aller en cours, et vous vous cautionnez ça.

_ Quoi qu’il en soit, quand un élève est malade il doit rentrer chez lui, nous ne pouvons pas le garder, il faut venir le chercher. »

Et c'était reparti, pour deux heures de bagnole, aller retour vers Marseille. Fréro m'en a fait baver. Il a fini par avoir son bac (ce qui a finit par me faire croire en l'existence de Dieu, ou du Père Noël, ou d'une puissance occulte qui nous manipule et s'amuse bien en nous regardant faire, serions nous des Sims, ou les personnages d'un jeu type Age of Empires ?) J'ai cessé d'être la mère de mon frère. Nos rapports sont maintenant plus fraternels, on partage plus, même si sa fainéantise légendaire m'agasse toujours au plus haut point. Mais quand je l'ai vu partir dans sa voiture toute neuve (oui mon frère a eu une voiture avant d'avoir le permis!) c'est la petite maman deux qui est réapparu.

Au sujet de la Guadeloupe, j’ai pris ma décision, je vais faire ma demande. Des tas de connaissances bien intentionnées me disent à quel point je vais souffrir là-bas à cause du racisme. Des gens qui n’ont jamais mis les pieds hors de France. Moi, j’ai été piquée par le virus du voyage quand j’avais 3 ans, j’ai un père Français et une mère Espagnole, alors je me ferais ma propre opinion. J’ai des envies d’Ailleurs.

Autour de moi on réfléchi pour le jour de l’an, plusieurs propositions dont une pour rejoindre des amis dans un gîte. Il n’y aura que des couples. Je crois que je n’irais pas, tout mais pas ça, tout sauf me sentir la vieille fille de service (mais je comprends pas, Manu elle est sympa pourtant, et puis bon, elle est plutôt mignonne, mais pourqwoaaa est-elle toujours célibataire ? Tu vas voir Manu, on va te présenter des gars en or), avec ces couples entourés de gamins, non pas cette année, je n’en ait pas le courage. Je ne sais pas trop ce que je ferais, je m’en fous un peu au fond du jour de l’an, je verrais avec C.

Voilà, en ce moment je pense à tout ça. Mon frère qui grandit, moi qui vieilli, mes projets, mes envies, mon année de stage, ma vie, et au milieu de tout ça, mon envie de bonheur(s).

Posté par Manu_0210 à 10:53 - Ma p'tite vie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 novembre 2006

Gwada ou pas?

L'un des grands moment de l'année d'un stagiaire c'est le mouvement national: les mutations. Il faut savoir qu'il y a en france des académies plus attractives que d'autres. Par exemple, curieusement, Aix-Marseille, Toulouse, Bordeaux attirent bien plus de candidats que Versailles ou Créteil. Le pacs, le mariage, les enfants apportent un certain nombre de points, et plus une académie est demandée et attractive, plus il faut de points pour y entrer. Etant célibataire, pas pacsée, pas d'enfant, je sais qu'il sera impossible pour moi de rester dans mon académie d'origine.

Alors je me suis faite à l'idée. J'ai commencé par me dire qu'après tout Versaille Créteil c'était près de Paris avec tout ce que ça implique au niveau loisirs, que c'était un vivier de jeunes profs célibataires, qu'avec certaines compagnies aériennes lowcost je pourrais aller à Madrid assez souvent. Et puis, j'ai appris qu'il faut très peu de points pour aller en Guadeloupe.

Après un weekend passé sur le net à lire tout ce que je pouvais sur la vie en Guadeloupe j'ai fait le bilan, travailler en ZEP à Créteil, ou travailler en ZEP au soleil, le choix semble apparement vite fait. J'ai fais un savant calcul (enfin n'exagérons rien, je n'ai qu'un bac littéraire) pris en compte le 40% de salaire en plus dans les îles, le 30% en moins d'impots, mais aussi le fait sur une île la vie est plus chère. J'ai regardé les loyers en Guadeloupe et les loyers en région parisienne, et je me suis dis que niveau financier, c'était kif kif.

Pour: le soleil, les plages paradisiaques, le rhum, le fait que loin de la métropole les liens se tissent facilement avec les autres métros (en tout cas pour les expat à l'étranger c'est comme ça), le poisson frais, les fruits exotiques, voir autre chose, apprendre, découvrir, l'expérience humaine quoi.

Contre: il parait qu'il y a beaucoup de racisme contre les blancs, à confirmer, la vie est super chère, le déménagement me coutera certainement plus qu'un déménagement Provence/Région parisienne. Et bien sûr la principale raison, je serai loin de mes amis, et de ma famille. Pour mes parents c'est différent, ils risquent de partir au Brésil d'ici quelques mois, d'ailleurs ça me rapprocherais même d'eux. Mais Fréro me manquera. Mon amie C. aussi, les autres vivent de toute façon un peu partout en France, donc je ne les verrais ni plus ni moins. Je ne pourrais pas aller voir A. et A.L à Madrid au moins une fois par mois comme je le ferai si je suis en région parisienne. Et puis niveau ciné, concert, livres, en guadeloupe ce sera un peu la dèche, suis pas sûre que Vincent Delerm ait prévu des dates.

Voilà, j'en suis là, à peser le pour et le contre, à en parler, tout en sachant qu'il n'y a que moi qui puisse prendre la décision finale. Je rêve de cocotiers, tout en essayant de ne pas me faire avoir par la carte postale.

Posté par Manu_0210 à 10:15 - Ma p'tite vie - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »