18 avril 2007
Communiqué de presse
En réponse à un commentaire laissé là, l'auteur souhaite faire passer une information. L'auteur étant atteinte d'un cas aggravé de flemmingite aigüe, elle a pris du retard sur la saga Burgos. Cette Saga, c'est quand même un gros pavé.Bon alors vous voyez le temps qu'il vous faut pour lire un article, ben il lui faut au moins le triple pour l'écrire, celà dit, l'auteur n'aime pas laisser les choses à moitié, et elle compte bien finir sa Saga Burgos. Sachez qu'il reste environ 3 épisodes, qu'il y aura des larmes, de la douleur et du romantisme (à donf).
Monsieur Etxe31 sachez que mademoiselle Manu est flattée de l'intérêt que vous portez à la Saga Burgos, elle se sent comme JK Rowling répondant aux fans qui attendent la sortie du dernier Harry Potter et elle dit que non, elle n'est pas un brin mégalo.
Signé: L'agent littéro-bloguesque de Mademoiselle Manu
04 avril 2007
Sage Burgos 11/ Festival de rock et sentiments.
«Sur la route Jorge était égal à lui-même, enthousiaste, il avait préparé des albums, le programme des concerts de ce soir, les “Sunday”’s étaient passés la veille, je les avais ratés, Jorge me montra les photos qu’il avait prises d’eux, il avait même bu une bière en leur compagnie, je sortais avec un photographe qui avait shooté les Sunday Drivers !
Sur la route je lui demandais s’il avait monté sa tente sur le camping. Il répondit que non, et qu’on pouvait dormir dans la voiture, où alors chez ses parents.
Je changeais de couleur, et dit qu’il était hors de question que je mette les pieds chez sa mère. Une mère espagnole qui a 4 fils, et qui dit que les garçons c’est mieux que les filles parce que ça pose moins de problèmes, je me disais que je n’avais pas envie de la rencontrer de si tôt. En Espagne c’est comme ça, on ne rencontre pas la belle famille sauf si c’est une histoire très très sérieuse, on ne dort pas chez son amoureux sauf en cas de guerre, et surtout, quand on dort chez la belle famille, c’est jamais dans la même chambre que son cher et tendre, et la pudibonderie dans tout ça ? L’Espagne que je connais moi, dans les villages, c’est celle des on-dit, des petites vieille cachées derrière des rideaux pour rapporter des commérages, des réputations de marie-salope qui se font pour un baiser trop appuyé dans la rue, pour une jupe un peu courte, pour un changement trop fréquent de copain, alors non, je n’avais pas envie d’être jugée par la mère jalouse de ce garçon que j’appréciais tellement, devinant avant même de la voir une mère possessive aux yeux de laquelle aucune fille ne trouverait grâce.
Jorge me demanda pourquoi je ne voulais pas dormir chez lui. Je lui dis que je ne voulais pas mettre sa mère mal à l’aise, qu’allait il lui dire ? « Que tu es la fille dont je suis amoureux » répondit-il, « si elle n’est pas contente tant pis pour elle », parfait, c’était le meilleur moyen pour qu’elle me haïsse à tout jamais. Nous décidâmes de voir plus tard. Pour l’instant il fallait manger un bout, puis les concerts commenceraient. Un ami de Jorge nous rejoignit, Iker, il était en école de journalisme, et il faisait un stage au journal pendant l’été. Je ne l’aimait pas, il n’écoutait que du punk, et se donnait un genre « la vie c’est de la merde, trop dur », alors que c’était un petit fils à papa. Il me taquina un peu, genre « tu sais pas ce que Jorge a fait hier, il a emballé grave ». Je regardais Jorge qui répondit « non c’est Iker qui a dragué, moi j’ai été sage », je le renvoyais dans les cordes « ah bon, moi je me suis fait draguer hier soir quand on est sorties avec les filles, bon c’est sûr j’aurais pas du mettre ma minijupe en jean, trop sexy je pense… » le sourire moqueur de Jorge tomba : « le pire, c’est que je sait que c’est vrai… ». Jorge avait froid, j’avais pris de pulls en rab, je lui en passais un. Avant le concert, Jorge pris quelques photos des spectateurs, des gens du merchandising, de moi. J’adorais ces portraits, il savait mettre les gens à l’aise, et capter leur essence, les groupies, quelques gothiques, des jeunes piercés et tatoués, une vendeuse de badges à messages, tous succombaient à son charme, prenaient des poses. Puis les concerts commencèrent. La soirée fut magique, et le froid toujours présent.
Les concerts se succédèrent jusqu’à Mercromina. C’était le dernier concert de ce groupe qui avait annoncé sa séparation quelques mois plus tôt. Jorge me chantait souvent l’une de leurs chansons En un mundo tan pequeño (Dans un si petit monde) en me disant qu’il allait avoir une overdose d’amour. Je me sentais bien.
Vers 4 heures, alors que j’étais épuisée, Jorge me pris en traitre, « bon demain je commence à 8 heures à Burgos, si on va se coucher maintenant chez mes parents je pourrais dormir 4 heures, j’ai vraiment besoin de récupérer, demain j’ai une grosse journée avec le journal. Ils ne sauront même pas qu’on est venus. J’acceptais finalement, parce que nous avions froid, et que dans la voiture nous n’avions pas de quoi nous réchauffer. Nous entrâmes chez lui sans bruit. Nous nous couchâmes dans le lit une place d’une chambre d’ado, celle de l’un de ses frères engagé dans l’armée m’avait il dit. Il s’endormit rapidement. J’essayais de ne pas bouger pour ne pas le réveiller. Je réussi enfin à m’endormir. C’est Jorge qui me réveilla. J’avais horriblement envie d’aller aux toilettes, et aucune envie de croiser sa mère dans le couloir, j’y allais finalement, et en sortant j’entendis « C’est toi Jorge ? ». Et merde ! Jorge répondit « oui, oui c’est moi maman ». La voix repris « tu es venu dormir avec un copain ? ». Ben voyons ! Un copain avec des cheveux long et qui met des soutiens-gorge…
« Oui maman, on y va là, j’arrive. » Je m’habillais rapidement. Jorge alla faire un petit bisou à sa mère dans la chambre. Bon, puisqu’elle savait que Jorge n’était pas seul, autant me brosser les dents. Une fois dans la rue je lâchais un grand soupir de soulagement :« Tu vois tu disais qu’ils dormiraient ! J’ai eu super peur qu’elle débarque moi au milieu du couloir ! » Jorge m’embrassa pour me faire taire. Nous devions passer pendre Iker au camping avant de rentrer à Burgos. Il était épuisé, je lui proposais de conduire, il refusa, puis s’arrêta quelques kilomètres plus loin pour me laisser le volant. Les deux garçons s’endormirent rapidement. La musique de Bjork m’accompagna jusqu’à la résidence. Arrivée à destination je souhaitais une bonne journée à mon photographe puis rentrait. Il ne restait plus qu’une semaine avant le départ.
Les filles étaient au réfectoire. Je petit-déjeunais avec elles. Elles me demandèrent comment était le concert. Elles commençaient à demander : « mais comment vous allez faire ? Vous allez rester en contact ? ». Jorge me répétait qu’il viendrait me voir en France. Qu’il voulait voir mon monde après m’avoir montré le sien, voir où j’habitais, comment était ma maison. Je répondis qu’on n’en avait pas parlé, qu’on se contentait du moment présent. Qu’il viendrait peut être en France, et qu’effectivement, je savais qu’avec la distance ça ne pourrait pas durer. Je réfléchissais à une demande d’assistanat (un poste d’assistance de langue dans un collège en Espagne). Céline me dit « mais de toutes façon c’est un flirt d’été non ? La question ne se pose pas ». Je répondis que c’était vrai, mais que les sentiments étaient là et qu’il était dur de les ignorer. Céline était étonnée : « mais tu peux pas être amoureuse, tu le connais à peine ». Je répondis que si aimer c’est penser à l’autre sans arrêt, avoir envie de le voir tout le temps, avoir le cœur qui cogne dans la poitrine quand on le voit et fondre lorsqu’on l’embrasse, alors j’étais très certainement amoureuse. Je lui dis que s’il y avait pour moi un homme idéal, Jorge correspondait en tous points aux critères, que je savais que cette histoire était impossible, mais que j’avais envie de rêver encore un peu. Céline dit qu’elle ne concevait pas qu’on puisse aimer au bout de 3 semaines, que c’était une passade. Ces propos me blessèrent un peu, comme si elle condamnait mon cœur d’artichaut.
J’en étais là, triste de quitter Burgos, et en même temps j’avais envie de profiter de cette dernière semaine à fond. Le soir Jorge vint me voir à la résidence. Il s’était disputé avec son père. Il me raconta les tentatives de suicide de celui-ci, les éternelles disputes de ses parents, ses trois frères. J’avais honte de la vie facile, de l’enfance merveilleuse que j’ai eue. Il disait qu’il ne fallait pas. Nous fîmes l’amour tendrement. Il pensait de plus en plus à mon départ. Lançait des « ne part pas, reste avec moi, je veux que tu restes… ».
A suivre…
(on approche de la fin, plus qu’une semaine à Burgos, et puis l’après…)
Demain le clip de En un mundo tan pequeño et la traduction de la chanson.
08 mars 2007
La Saga Burgos 10/ La déclaration
La semaine suivante les jours s’enchaînèrent à Burgos. Ils se résumaient ainsi, couchée à partir de 4 heures du matin, levée à 7 heures. Douche, petit dej, et cours. Retour à la résidence pour manger, petite sieste si j’en avais le temps, retour en cours. En sortant, parfois Jorge m’attendait et nous partions explorer la ville ou ses environs. Il me faisait découvrir des villages médiévaux, la plus vieille pharmacie d’Espagne, avec ses pots de céramique peinte, ici un ancien pressoir à vin, là des ruines romaines. Un jour, nous visitâmes un village où était organisé un concours de poésie. Les poésies avaient été écrites sur des draps blancs, et étaient accrochées sur les murs du village, aux fenêtres des maisons. Une des poésies disait que la gloire et la richesse n’étaient rien si l’on n’était aimé de personne… Jorge lu la phrase à haute voix. Je le taquinais : « alors, tu crois qu’il y a quelqu’un qui t’aime toi ? ». Il répondit très sérieusement : « oui, ma maman m’aime, et ma grand-mère aussi… ». J’acquiesçais un peu penaude. Et il ajouta « et toi aussi, je crois que tu m’aimes ». J’allais m’insurger, je pensais « punaise il manque pas d’orgueil celui là », et il ajouta « moi en tout cas je t’aime, même si je ne te connais que depuis une semaine, même si tu vas partir dans quelques jours, quand tu ris, quand tu souris, quand on fait l’amour tendrement ou plus brutalement, quand je pense à toi toute la journée, quand je photographie en me demandant ce que tu en penserais… Je t’aime ». Je le regardais, il était ému, ses yeux brillaient, et une larme s’était accrochée à ses cils. Je détournais mon regard, nous fîmes quelques pas, je lui répondis « oui tu as raison… moi aussi, je t’aime », et j’ajoutais sur un ton gouailleur, avec un petit clin d’œil « mais pas de la même façon que ta maman… ». Il rit, me chatouilla, et me traita de petite allumeuse.
Tout me semblait parfait, nos rires, nos conversations, nos sorties, les concerts, les films au cinéma. Nos voitures devinrent le théâtre de nos ébats. Je n’avais jamais été très portée sur la voiture comme lieu de fantasmes, mais les moments de tendresse et de folie que nous y passâmes ont nuancé mon avis. Il y eu ce jour où il lança « domine-moi pour voir si tu y arrives » et où il finit exténué sous mes assauts, tremblant d’excitation et de plaisir, et cet autre où il me fit l’amour tendrement, très lentement, en ne lâchant jamais mon regard, et où chaque mouvement semblait dire « je t’aime comme je n’ai jamais aimé ».
Parfois nous allions chez lui quand la maison était vide. Parfois il venait à la résidence, mais ne pouvait pas y rester pour la nuit. Les chambres étaient normalement interdites aux visiteurs, mais il nous arrivait de manquer à la règle. Je dormais très peu, chaque soir, je rentrais vers quatre heures. Il y avait toujours quelqu’un à la réception. Je demandais ma clé en me demandant à quoi pouvait songer le réceptionniste.
Je faisais part de mes hypothèses à Jorge : « peut-être qu’il croit que je vais en boite tous les soirs ? Peut-être qu’il croit que je prends de la drogue, et que je pars toutes les nuits chercher ma dose ? » Jorge ajoutait « peut être qu’il croit que tu t’envoies en l’air avec un Burgales sublime et bien monté ? ». Je répondais « ben non voyons, il a vu que j’étais avec toi quand tu viens à la résidence… », il me chatouillait faisant semblant d’être vexé. Parfois, quand il me disait qu’il m’aimait, je répondais « allons donc, je ne suis qu’un flirt d’été, dans un mois tu m’auras oubliée… ». Un jour il répondit que quand il m’avait connu il sortait avec une fille du journal, qu’il l’avait quittée avant notre premier rendez-vous, qu’il aurait pu rester avec elle, se contenter d’un confort stable, mais que c’était avec moi qu’il était. Il disait que je lui avais plu au premier regard, au premier sourire plutôt, quand je m’étais levée avec mon appareil photo et ce sourire avec lequel je pourrais vendre de la glace à un esquimau. Je ne réfléchissais plus, vivait au jour le jour, sachant que le lendemain serait plein de surprises. Je buvais des cafés pour tenir, ça marchait. Le weekend arriva. Il y avait un festival de musique dans son village, ça s’appelait le Sonorama. Les “Sundays Drivers” allaient venir. Je proposais aux filles, elles n’étaient pas partantes. Je décidais donc de rester avec elles le vendredi, et d’aller au festival le samedi soir. Jorge me dit qu’il avait une tente que nous pourrions installer sur le camping du festival.
Vendredi je sortis donc avec les filles. Nouvelle beuverie et quelques heures de danse. Sultana ne marchait plus très droit, toute à son délire elle n’arrêtait pas de tomber, puis de dire qu’elle était désolée, que nous ne l’aimerions plus, qu’elle avait honte, tandis que nous étions hilares. De retour à la résidence j’amenais Sultana dans ma chambre puisque j’avais deux lits, je l’aidais à se déshabiller, et n’imaginez pas une sordide histoire lesbienne, non non, même pour vous faire plaisir… Je soignais ses bleus et ses écorchures, et je l’aidais à mettre son pyjama.
Ouf, moi aussi j’avais trop bu, le réveil fut difficile. Nous avions prévu avec Céline de faire les magasins. Je me levais, nous prîmes un petit dej gargantuesque dans un bar du centre ville, et nos cartes bleues respectives chauffèrent à tour de rôle. Quand je rentrais, Sultana dormait encore. Elle ouvrit un œil, demanda un remède contre la gueule de bois et se rendormi. Je mangeais, préparais mon sac, et laissait un petit mot à Sultana, puis Jorge arriva à la résidence, il était revenu d’Aranda pour m’emmener au festival. Il était épuisé par le manque de sommeil de la nuit précédente, pas rasé. Je le charriais un peu : « bonjour, voilà, je vois bien que vous êtes un réfugié kurde ou libanais, mais il fallait que je vous dise, c’est fou comme vous ressemblez à un ami à moi…
_ Grimpe au lieu de dire des bêtises, il faut que je sois dans une heure et demi à une conférence de presse des Sundays Drivers ».
Je montais et en route pour Aranda.
A suivre…
05 mars 2007
La Saga Burgos 9/ Des rendez-vous parfaits
Le lendemain, Jorge passa à la résidence, son frère avait récupéré sa voiture pour se rendre dans leur village, situé à une trentaine de kilomètre de Burgos. Nous devions donc prendre ma petite fiesta. Jorge m’indiquait les directions à prendre, nous nous éloignions de la ville. En chemin il mettait des cds, des cassettes, me faisait écouter, me parlait de photos, du Reina Sofia, de ce photographe qu’il connaissait, qui y travaillait et qui pouvait me faire visiter les coulisses du musée. Il faisait des compliments. Nous arrivâmes sur un petit chemin étroit. Il me raconta que par là avait eu un grand évènement de la guerre contre Napoléon. Je ris. Cette haine que les espagnols vouaient au français à cause de Napoléon… Il répondit « moi je les aime bien les français, surtout les françaises… » avec son regard coquin, toujours...
Je lui racontais mes origines, un père pied noir d’origine espagnole, une mère andalouse, je n’avais de français que la carte d’identité, et l'éducation. Au bout du chemin nous étions arrivés. Il n’avait pas tort. Le point de vue était magnifique. Nous prîmes quelques photos. Il en prit de moi. Je me sentais mal à l’aise quand il tenait son appareil, comme s’il lisait à travers moi. J’avais froid, le vent soufflait fort. J’aimerais vous raconter que nous fîmes l’amour contre le muret, mais la vérité c’est que j’avais trop froid pour rester dehors, et que nous rentrâmes dans la voiture. Il faisait encore jour. Une fois de plus la même urgence, mais dans une voiture plus petite… Et puis, alors que nous étions nus, une voiture s’engageât sur le chemin. Moment de panique, vite, mon tee-shirt, non ça je crois que c’est le tiens, putain, ils approchent, ouf, c’est bon, on y est, ah, et ben ils font demi-tour. Eclats de rire. Il me déshabilla à nouveau, plus lentement. Nous finîmes en sueur, exsangues, puis nous rentrâmes à Burgos. Après avoir mangé quelques tapas, il nous allâmes chez lui.
Le lendemain il ne travaillait pas, mais moi j’avais prévu d’aller à Madrid. La sortie était organisée pas l’école de langue, je devais être à 7 heures à la résidence. La nuit fut courte. Je ne me souviens plus bien de cette journée à Madrid. Les photos disent que nous avons visité le palais Royal et le musée du Prado, que nous avions joué aux drôles de dames avec les filles, but des bières et mangé un sandwich au jambon serrano assises dans les escaliers de la plaza Mayor. Les filles questionnaient sur mon photographe. Je répondais qu’il me plaisait beaucoup, que c’était mon idéal masculin, il était intelligent, il parlait de musique d’art et de littérature, il connaissait des tas de choses, et pour ne rien gâcher il était beau. Malheureusement, je savais bien que tout cela ne pouvait être qu’un flirt d’été. Sultana, qui était partie des Canaris en laissant son cœur en gage à un beau canarien qu’elle ne devait pas revoir avant des mois dis que je n’en savais rien. Céline, elle, disait que j’avais raison de me blinder, je ne le connaissais que depuis quelques jours, il ne fallait pas s’emballer. Au retour dans le bus je tentais de récupérer un peu.
Arrivée à Burgos j’appelais Jorge. Il me dit que je lui avais manqué toute la journée, et demanda si nous pouvions manger ensemble. J’acceptais. Il vint manger à la cantine de la résidence. Il ne cessait de me faire des compliments, de m’embrasser, de me serrer contre lui en me disant qu’il avait pensé à moi toute la journée. Tout ce qu’il fallait pour rendre mon cœur guimauve. Mes bonnes résolutions s’envolaient. Je me sentais comme en haut d’une montagne russe, ce moment de vertige où l’on sait qu’irrémédiablement le chariot va s’élancer sur les rails, très vite, et nous retourner le cœur, mais que c’est trop tard, qu’on est harnachés dans son siège, et qu’on ne peut pas sauter en marche.
A suivre…
02 mars 2007
La Sage Burgos 8/Le retour du photographe
Le lendemain, je pensais encore à lui, comment avait il pu avoir l’air si sincère, sembler triste à l’idée que je ne reste que trois semaines à Burgos, et ne pas appeler le lendemain ? J’en étais là, quand à midi, alors que nous étions au réfectoire on m’appela au haut parleur. Laure dit que c’était peut être Jorge qui appelait. J’allais à la réception, c’était effectivement un appel, mais de ma mère. Je lui demandais de rappeler dans un quart d’heure, le temps que je finisse de manger car après le réfectoire allait fermer. Je redescendais, les filles demandèrent :
« Alors ?
_ Alors c’était ma mère, arrêtez de me demander si Jorge a appelé, il ne rappellera pas ! Sinon il l’aurait fait hier. »
Après le repas, je montais dans ma chambre faire une sieste avant les cours de l’après-midi. Je m’endormais rapidement, le téléphone sonna. Mince ! J’avais oublié ma mère ! Je décrochais :
« Allo, maman ? » On répondit en espagnol :
« Allo, Emma, c’est Jorge.
_ ah, oui (froide et distante) bonjour Jorge
_ je suis désolé, je n’ai pas pu t’appeler hier, je n’ai pas eu une minute à moi, après la course les organisateurs nous ont proposé d’aller au dîner pour fêter la fin de la course, on ne pouvait pas refuser, il y avait des coureurs tu comprends, mais j’ai toujours envie de te revoir, tu fais quoi ce soir ?
_ ce soir ? et bien, on doit se retrouver avec tous les participants des cours dans un pub, et ensuite, je ne sais pas, je vais certainement sortir avec les filles.
_ ah, on peut pas se voir alors ?
_ tu peux nous rejoindre si tu veux, mais j’ai prévu de passer la soirée avec mes copines.
_ ok, je vous rejoindrais alors, mais elle parlent espagnol tes copines ?
_ Ben tu sais, elles veulent aussi être prof d’espagnol, il vaut mieux. Bon je t’envoie le nom du bar par texto alors, je dois y aller là, je suis en retard pour les cours. Je raccrochais, fis une danse du scalp autour de mon lit en chantant « yes, yes il a rappelé », punaise qu’elle greluche je fais!
Je me penchais à la fenêtre, j’appelais : « Laure », le bâtiment de la résidence formait une croix, ma fenêtre et celle de Laure étaient perpendiculaires. Laure se pencha à la fenêtre, je lui dis « il a appelé ». Elle sourit « je sais, j’ai entendu ton téléphone sonner, c’était lui alors ? Tu vois, je t’avais dis qu’il rappellerait, allez, on se retrouve en bas ».
Le soir, je mis une jolie jupe blanche évasée, ni longue, ni mini, juste au dessus du genou, et un top rose à bretelles, à la fois sage et féminin, histoire d’effacer un peu l’image de star du porno que Jorge avait de moi. Il m’avait envoyé un texto pour dire qu’il nous rejoindrait au pub avec des copains du boulot. Nous étions assises autour d’une table haute, sur des tabourets de bar quand Nadia me dit « je crois que ton photographe est là », je me retournais, il me cherchait dans le pub et il me vit. Les filles me dirent par la suite, que quand il me vit, il eut un sourire qui illumina son visage. Il s’approcha, et me dit « Salut ma belle ». Il me raconta sa journée de la veille, plaisanta avec mes amies. Ces copains étaient dehors, ils ne pouvaient pas sortir parce qu’ils avaient déjà des bouteilles. Nous sortîmes, mais ses copains n’étaient pas dans le même délire que mes copines. Ils voulaient faire un botellón, et les filles voulaient danser. J’avais prévenu Jorge que j’avais prévu de passer la soirée avec les filles, je suivi donc les filles dans un autre pub, et Jorge, et bien, il nous suivit. Les filles l’observaient (il a l’air à fond me glissèrent-elles à l’oreille). Au bout de quelques heures de danse, il nous raccompagna jusqu’à la résidence. Assis sur un banc de la résidence nous bavardâmes quelques heures. Que les heures passèrent vite dans ses bras. Le lendemain après midi il finissait tôt, c’était un Vendredi, il me proposa de visiter les environs de Burgos, un petit village médiéval, ou un joli point de vue à quelques kilomètres de là d’où on pouvait voir toute la vallée (euh oui, encore un Belvédère…), et puis il ajouta, que le lendemain son frère (avec lequel il partageait un appartement) n’était pas à la maison, que nous pouvions aller manger quelque chose ensemble, et pourquoi pas dormir chez lui.
Alors il avait rappelé, et il voulait me revoir, et là c’était moi qui commençais à me demander où tout ça allait me mener…
A suivre…
28 février 2007
La Saga Burgos 7/ Désillusion
Putain mais pourquoi dire qu’il allait appeler s’il n’appelle pas ? Pourquoi les mecs se croient obligés de faire croire qu’ils rappelleront ? Quand les choses sont claires pas de problème, ils ne pourraient pas dire « on a tiré un coup, c’était sympa, peut être que le destin nous remettra sur la même route… » ? Ou alors quelque chose comme « ben écoutes, t’es un super bon coup, tu suces super bien, mais j’ai pour doctrine de ne jamais remettre ma bite deux fois dans la même fille ». Ouhais, je sais, je suis vulgaire, mais quand je suis énervée je suis vulgaire. Et puis je n’avais qu’à pas être une fille facile après tout, parce qu’être une fille facile, c’est pas tellement compatible avec mon cœur d’artichaut. Mais c’est les mecs aussi… Pourquoi ils disent « je te rappelle », alors qu’ils savent qu’ils ne le feront pas ? Moi je préfère la vérité. D’ailleurs, j’attendais rien de lui… je me serais contentée de la soirée d’hier, alors pourquoi il a dit qu’il rappelait ? Et les filles qui n’arrêtent pas de demander s’il a appelé.
On toqua à la porte. Je refermais mon cahier et rebouchait mon stylo.
J’avais attendu toute la journée, toute la soirée qu’il appelle, et les copines étaient passées plusieurs fois dans ma chambre pour venir aux nouvelles. Le matin, j’avais mis mon réveil à l’heure prévue, mais j’étais HS, je prévins Céline. La résidence était équipée d’un téléphone interne gratuit, il suffisait de taper étoile et le nom de la chambre. Je lui avais dis que je ne viendrais pas à la première heure, c’était un cours d’agreg, et j’en avais déjà bien assez avec le Capes, je viendrais au cours de trad. Je m’étais rendormi, et éveillé à temps pour aller au cours. J’étais arrivé à l’école au moment de la pause. Les filles étaient à la cafet, je leur avais raconté la soirée, enfin, jusqu’au moment où il m’avait embrassé dans la rue. Inutile de raconter que j’étais du genre à m’envoyer en l’air le premier soir avec un inconnu. Je n’aime pas qu’on puisse me juger. Pire, quand elles m’avaient demandé si j’avais couché avec lui j’avais nié. Tonio cherchait toujours ma compagnie. En cours il s’était assis à coté de moi. Il m’avait demandé si j’étais malade ce matin et j’avais répondu que j’étais juste fatiguée et que le programme d’agrég ne m’intéressait pas. Il m’avait dit ce que je savais déjà, que la conférence de ce matin ne concernait que très peu Goya, et que je n’avais pas raté grand-chose. Moi je n’étais pas là, j’avais délicieusement mal au cou, là où il m’avait mordue, quand je tournais la tête ça tirait un peu, j’avais le cœur qui s’emballait en pensant à ses yeux verts plein de malice. « Emmanuelle, vous voulez bien faire la phrase suivante s’il vous plait ? ». J’avais levé la tête confuse, Tonio avait pointé du doigt une phrase, celle là je ne l’avais pas traduite la veille, j’avais traduit à brûle-pourpoint. Le normalien de service avait contesté ma traduction. C’était un normalien type, lunettes, pull col en V bleu pâle d'où dépassait le col d’une chemise à carreaux, et balai dans le cul de rigueur, son petit air supérieur m’agaçait, aussi je ne fus pas peu fière quand le professeur lui avait répondu « et bien non, vous êtes tombé dans le piège que votre camarade a évité ». Je n’avais peut être pas les connaissances empiriques de l’autre pédant, mais en traduction je fonctionnais à l’instinct, et l’instinct ça marchait. Le cours avait continué, j’avais repris mes rêveries érotiques.
J’étais fatiguée par le manque de sommeil, à midi mon père m’avait appelée d’Abu Dhabi. Je lui avais parlé des cours, il me manquait. Voilà, c’était ça ma journée, jusqu’à ce coup de colère dans mon cahier. J’allai ouvrir. C’était Sultana, elle venait m’emprunter mes dicos. Je lui prêtais, en partant elle dit « ne t’inquiète pas il va appeler », je répondis que non, qu’il n’appellerait plus, que ce n’était pas grave, c’était juste un connard de plus, j’aurais du être moins naïve c’était tout.
26 février 2007
La saga Burgos 5/ The rendez-vous
Ouhaip, trop beau pour être digne de confiance celui là. Je me méfiais des hommes qui veulent vous emmener sur un Belvédère, s’il pensait que le vertige allait me monter à la tête et que j’allais me jeter sur lui, il se fourrait le doigt dans l’œil jusqu’au coude. En plus son belvédère je le connaissais déjà, la dernière fois que j’étais venue à Burgos on avait fait un apéro à coté du Belvédère. Ah ça y est ? on est en haut ? Nous descendîmes de la voiture.
« En fait, je suis déjà venue à Burgos il y a deux ans, et je connais le Belvédère, la mairie nous avait offert un apéro.
_ ah bon, tu es déjà venue à Burgos ?
_ oui il y a deux ans, pour les cours d’été aussi.
_ Alors tu passes un concours en France ? C’est quoi comme concours ?
_ et ben, un concours pour être prof d’espagnol en France.
_ mais tu as fais quoi comme études ?
_ j’ai une maitrise d’espagnol…
_ Une maitrise ? Attend mais t’as quel âge ?
_ Je sais pas, combien tu me donnes ?
_ Ben, je te donnais 19 ans, mais si tu dis que tu as une maitrise c’est pas possible.
_ En fait, je pense que je suis plus âgée que toi, j’ai 24 ans, je vais en avoir 25, je suis de 80, et toi t’es de 81 ?
_ euh oui comment tu sais ?
_ dans ton adresse e-mail, il y a ton nom de famille et 81, j’en ai déduis que c’était ton année de naissance. Alors comme ça tu me donnais 19 ans? »
(Ca ne m’étonna pas, c’est comme ça, j’ai toujours eu l’air plus jeune que mon âge. A 15 ans j’en paraissais 12, à 20 j’en paraissais 15, avant ça m’agaçait, mais finalement je trouve qu’à 40 ans ce sera un avantage.)
Nous entrâmes dans un bar très sympa, il n’était pas bondé, et la musique n’était pas trop forte. Nous commandâmes des bières, nous sortîmes tous deux nos porte-monnaie il dit « non, non laisse c’est pour moi », je continuais à compter la monnaie, et il ajouta « je suis désolé en fait je vais devoir me faire inviter, je n'ai plus rien, j’irai retirer après pour t’inviter », je dis que ce n’étais pas grave, je le branchais sur son métier de photographe, et il me raconta qu’en fait ça ne faisait qu’un an qu’il travaillait en tant que photographe, qu’il avait toujours aimé la photo, mais après le bac il s’était engagé dans la légion, qu’il avait travaillé dans le sud de l’Espagne, qu’il était parti en Irak, qu’il avait aimé voyager, qu’il était revenu à Burgos, dans une caserne, le travail ne lui plaisait pas, qu’il avait mis toutes ces économies dans un cours de photographie, pour apprendre mieux, et avoir un titre à faire valoir, qu’il avait trouvé ce job au journal, qu’il aimait ça, mais pour l’instant ça ne payait pas bien parce qu’il ne travaillait qu’en tant que remplaçant, c'est-à-dire les weekends et pendant l’été tous les jours sans repos ou presque. Qu’il aimait le photojournalisme, mais qu’il aimait aussi les photos de mode, qu’il rêvait d’aller à Paris. Et puis il s’arrêta, et dis « il n’y a que moi qui parle, et toi, racontes moi quelques chose », je ne savais pas quoi répondre, par quoi commencer, l’impression d’être creuse, après tout ce qu’il venait de raconter. Alors il demanda « Et toi, tu as voyagé un peu ? Tu aimes quoi dans la vie ». Je racontais à mon tour, l’Equateur, la France en long en large et en travers, l’Espagne celle du sud, pas ce nord si froid, l’Andalousie de ma maman avec ma grande famille, l’Inde, Erasmus à Granada, ces nuits passées dans le désert dans les Emirats, l’Italie si chère à mon cœur pour l’architecture et l’art. « Pour l’art » demanda-t-il. Il me demanda ce que j’aimais dans l’art. La peinture lui dis-je, la sculpture, enfin tout. L’art moderne surtout. Je n’aime pas que ce qui est beau, j’aime détester, et chercher à comprendre pourquoi je déteste, je lui racontais des biennales, Guernica la première fois, le musée d’Orsay de Paris, les formes bizarroïdes du Guggenheim de Bilbao, ce monochrome de Klein devant lequel j’étais restée si longtemps fascinée par tant de bleu, par ce bleu là, le Reina Sofia à Madrid avec ses ascenseurs vertigineux qui chatouillait le ventre parce qu’ils grimpaient trop vite ou descendaient trop fort, l’inter iconicité des tableaux d’Equipo Cronica hier et d’Herman Braun Vega aujourd’hui, finalement j’avais des choses à dire. Il me proposa d’aller vers le centre, pour retirer de l’argent et boire un autre verre. Il était minuit, j’acceptai, dans la voiture en mettant la radio, il me demanda ce que j’écoutais comme musique. Je lui dis que j’écoutais plutôt du rock, enfin pas du métal hein, les espagnols que j’ai connu jusqu’à présent n’étaient pas très branché rock, alors je lui dis, « j’écoute des groupes comme Radiohead, Muse, Portishead ». Nous descendîmes de la voiture, je poursuivis « sinon, en ce moment j’aime bien Franz Ferdinands, et les Sunday Drivers tu connais, c’est un groupe espagnol, mais ils chantent en anglais ». Oui il connaissait, il dit que j’étais la première fille qu’il connaisse qui écoute du rock, mais que ma conversation était tellement intéressante que nous étions arrivés devant le pub où il voulait aller et qu’il avait oublié de retirer de l’argent, alors qu’il fallait qu’on fasse demi tour, je lui dis qu’il m’inviterais une autre fois, je le taquinais un peu en lui disant que j’admirais sa technique pour se faire payer des coups à boire, et que le coup du « t’es tellement fascinante que j’ai oublié de retirer » on ne me l’avait jamais fait, il promit que la prochaine fois il m’inviterais, pour que je ne fasse pas courir de par le monde la rumeur que les gens de Burgos étaient des radins et des profiteurs. Dans le pub nous parlâmes encore, il me dit que le lendemain il allait photographier une course cycliste autour de Burgos, qu’il serait à l’arrière d’une moto, que ça allais être génial, qu’il aimait faire du vtt. Je lui dis que moi aussi, que j’en faisais un peu dans les collines près de chez moi. Il était une heure, je lui dis que je devais rentrer. Il proposa de me déposer devant chez moi. Dans la rue je frissonnais. Il le vit, passa son bras autour de mes épaules. Je pensai « ah tiens, alors je lui plais? » Il demanda « tu savais que tout allait finir comme ça ? ». Je répondis « oui, plus où moins, je savais », alors il s’arrêta, et là je compris que j’aurais du demander « que tout allais finir comment ? », pour qu’il puisse répondre « comme ça » et m’embrasser, c’est ce qu’il avait calculé ce petit séducteur à la noix, et moi je venais de lui “casser” son coup. Je relevais les yeux vers les siens, je m’y noyais un peu, et il m’embrassa, et je vous jure qu’à ce moment là, l’ouverture d’une symphonie de Beethoven retentit, je lévitai avec lui à un mètre au dessus du sol, et la ville se mit à tourner vertigineusement autour de nous. En tout cas, ça ne c’est peut être pas passé exactement comme ça mais c’est ce que je ressentis.
A suivre…
25 février 2007
Burgos 4/ Sur la piste du photographe
Le jour suivant la paëlla, j’allai à la salle informatique pour voir mes mails. Il y en avait un du photographe. Il m’avait envoyé les photos du midi, et un petit message. « Voilà les photos, ne réponds pas à cette adresse mail c’est l’adresse d’un collègue du journal, mais à celle que je t’ai donné. Tu peux m’appeler à ce numéro ….. . J’espère avoir de tes nouvelles et pouvoir répondre à la question que tu m’as posée. »
Pas de signature, mais comment s’appelait il cet homme mystère, il n’avait donc pas de prénom ? La question que je lui avais posée ? Mais je ne lui avais posé aucune question… Je lui envoyai mes propres photos, accompagnées d’un mot. « Merci pour les photos, comme d’habitude je ne suis pas terrible dessus, mais bon, après tout c’est ma tête ! Je ne vois pas du tout quelle question je t’ai posée… à bientôt. Emma »
Je descendis au réfectoire. Je m’arrêtai à la réception de la résidence pour jeter un coup d’œil au journal pour lequel travaillait le photographe. Je connaissais son nom de famille, les photos du journal était signées, au bout de quelques pages je l’avais. Il s’appelait Jorge. Oui bon, en France il y a plus glamour que Georges mais en Espagne c’est un prénom courant, et puis souvenez vous, dans Erin Brokovich , le copain de Julia Robert s’appelle Georges, et Georges prononcé par Julia Roberts c’est super glamour (d’accord, je suis loin d’être Julia Roberts, mais je digresse un peu, revenons à Burgos). J’observai ses photos. Quelques portraits, des photos des festivités dans les villages voisins. A table les filles me demandèrent des nouvelles du photographe, elles s’interrogèrent avec moi sur la question mystère. Après le repas, je retournai en salle informatique. Le photographe avait répondu :
« Et bien en fait, je ne sais pas si c’était une question ou une affirmation, mais à la paëlla tu m’a dis : tu ne sais pas comment sont les françaises. Et bien voilà, j’aimerais savoir. J’aimerais juste pouvoir discuter avec toi sans avoir à partir ailleurs cinq minutes plus tard. Allez appelle moi, tu ne le regretteras pas, au fait, et si tu n’aimes pas la photo que je t’ai envoyée, je m’engage à prendre une photo de toi qui te plaira, par contre, je veux que ce soit moi qui la fasse ». J’appelais, il répondit, je dis que j’étais la française qui l’avait pris en photo à la paëlla. Il me proposa d’aller boire un verre sur le champ, j’acceptai, il n’était que dix heures, je mis une veste, je prévins Sultana, et je filais dans la nuit, les écouteurs de mon discman sur les oreilles. Nous avions rendez vous aux abords des remparts à l'arc Santa Maria, nous arrivâmes en même temps, il me vit de loin un sourire éclaira son visage. Je déposai deux bises rapides sur ces joues. Il proposa de monter boire un verre dans un pub à coté du Belvédère. Il demanda « Tu connais le Belvédère ? On voit toute la ville de là-haut ». Je répondis que je connaissais, il eu l’air déçu. Sa voiture était garée un peu plus loin. Je montai.
A suivre…
20 février 2007
La saga Burgos 3/ Domingo de resaca y Paëlla
Le lendemain, le réveil fut difficile, le mal de crâne typique des lendemains de fête trop arrosés. Je regardais l’heure, il n’était que dix heures, j’essayais de me rendormir, je n’y parvenais pas. Je descendais donc prendre mon petit déjeuner. Céline arriva, fraiche comme un gardon, et moi avec mon mal de crâne qui commençait tout juste à passer : « La Provence présente ses respects à la Bretagne » lui dis-je. Je demandais des nouvelles des autres, nous décidâmes d’attendre midi et de passer à l’action. A midi, nous lançâmes l’opération « infirmière à domicile ». Céline prit un plateau et un verre au self, puis nous remplîmes le plateau de médicaments en tout genre (enfin, surtout dans le genre qui enlève les aigreurs d’estomac et le mal de crâne du lendemain de fête), et nous partîmes faire la tournée des chambres : Toc Toc/ service d’étage bonjour/ clic, et hop la photo qui va bien/ tu veux un doliprane ? De l’ibuprofène ? Aspirine ? Citrate de bétaïne ? L’après midi, nous allâmes toute au cinéma, voir les poupées Russes. En version espagnole c’était décevant. A la sortie, direction le centre ville pour quelques tapas, et surtout, le remède absolu contre la gueule de bois, la bière !
Finalement pas de nouvelles du bel hidalgo, quelques filles avaient rendez vous, elles n’y allèrent pas. La dimanche s’acheva tout doucement, un peu de boulot à finir à la résidence. Le lendemain, nous devions aller à la paëlla offerte par la mairie…
A suivre...
Bon d'accord, je vous la met la suite!
La paëlla du Palacio de la Isla. Une des traditions des cours d’été de Burgos est la Paella offerte par le maire aux étudiants des cours d’été. Elle a lieu dans les jardins du Palacio de la Isla, (le palais de l’île) qui fut la résidence d’été de Franco. Ce jour là, il faisait beau, nous étions tous crevés par les cours, et nous avions peu de temps pour manger et nous ne pourrions pas repasser par la résidence. Après le discours du maire, nous pûmes aller nous servir au buffet. Les photographes du Diario de Burgos étaient là. Nous évitions les photos. Une fois assis dans l’herbe alors que nous nous apprêtions à planter allègrement la fourchette dans le plat de paella, un photographe vint vers notre groupe pour nous « flasher ». Sourires crispés, Céline dit « J’ai faim, mais là c’est un coup à se retrouver en photo dans le journal la bouche ouverte, dans une position peu élégante ». Le photographe restait là, je lui dis « allez, laissez nous manger ! ». Peu après, je les vis assis près de nous dans l’herbe, je dis à Céline, tu vas voir, on va se venger ! Je saisis mon appareil, et je m’approchai du groupe de photographe : « Vengeance ! A nous de vous photographier, alors ? comment on se sent ? pas très à l’aise n’est ce pas ? ». Un des garçons se préta de bonne grâce au petit jeu, il prit son outil de travail et posa. Je retournais m’asseoir avec les filles. Il lança: « donne moi ton adresse e-mail, comme ça on procèdera à un échange de photos ». Je notais mon adresse sur un bout de papier, il me donnait la sienne. Pendant tout le repas, il lançait des regards furtifs vers nous. Je le regardais aussi, faisait son portrait mental, brun au yeux verts, mince, sourire ultrabrite de dentiste, un regard plein de malice, je réalisais qu’il était beau. Pas mignon, canon, charmant, craquant non, beau, simplement beau. Et moi qui suis tout le reste, canon mis à part, moi qui suis plutôt mignonne, pleine de charme, malicieuse, mais certainement pas belle, je me disais, « mais pourquoi il me regarde comme ça ? » . Au moment de partir, il demanda « tu m’envoies les photos hein ? ça serait sympa qu’on se voit, tu vas pas te défiler hein, tu me les envoies ces photos », et je répondis « moi me défiler, on voit bien que tu ne sais pas comment sont les françaises », et à ce moment là, il changea d’expression :
« − mais…tu es française ? (euh oui sans vouloir me vanter, je parle l'espagnol sans accent, mais ma maman est espagnole, ça aide!)
− oui évidement, je suis française, je suis ici pour les cours d’été de Burgos
− mais il y a aussi des espagnols qui font les cours d’été de Burgos, c’est des cours de langue non ? Toi tu n’as pas besoin d’apprendre à parler l’espagnol
− je ne suis pas là pour les cours de langue, je suis là pour préparer les concours de l’enseignement en France
− ok, et tu repars quand alors
− et bien, je repars dans 3 semaines à peu près »
J’entendis un « allez Manu, on va être en retard ». J’expliquais au photographe « elles m’attendent, on doit repartir en cours, je t’envoie un mail ce soir ok » Et je filais sans me retourner. Les filles étaient comme des ados de 15 ans, sur le chemin des cours elles commentaient « il est super mignon, fait voir les photos sur ton numérique ? Comment il s’appelle ? » Je réalisais que je ne savais pas, je regardais le bout de reçu de banque qu’il m’avait donné, il n’y avait qu’un nom de famille dans son adresse mail. Et sur le papier, étaient imprimés les mots « Merci pour votre visite », comme si ces mots écrits par une machine me disaient, merci petite française pour ta visite à Burgos. J’enverrais les photos me disais-je, on verrait bien.
A suivre... et cette fois ci pour de vrai!
14 février 2007
La Saga Burgos, le sondage
Bon, apparemment j'ai 1 lecteur qui apprécie ma Saga Burgos, c'est OldCrab. Pour appâter le chaland, je précise qu'il y a un épisode de la Saga Burgos qui baigne dans l'érotisme le plus primaire (voir même dans la pornographie, mais je n’en dirais pas plus).
Petite interview de Manu:
Manu: Bon alors Manu, est-ce-que cette scène que les lecteurs découvriront d'ici peu a été difficile à écrire?
Manu: En fait non, j'en ai parlé d'abord avec moi même, et je me suis dis qu'à 26 ans passés, je pouvais assumer un coté un peu déluré, mettre en avant ma féminité. Bien sûr, il y a le risque que ma famille ou mes amis découvrent un jour mon blog mais si ça arrive je nierais en bloc, puis me suiciderai après tout, tout le monde fait l'amour, en tout cas tout le monde devrait, et les pratiques évoqués dans ce prochain post: sodomie, fellations, trios, relations lesbiennes, sadomasochistes (punaise ça va me ramener des lecteurs via google tout ça) sont des pratiques courantes (ah non? je croyais, mon premier mec m'a pourtant dit que tous les couples faisaient "ça")
Manu: Et comment s'est passée l'écriture de ce post?
Manu: Et bien, nous avons écrit (oui je parle de moi à la première du pluriel, pas un brin mégalo la fille) avec une équipe réduite, composée de moi-même (en principe on met "moi" à la fin de la phrase, mais je suis dans ma phase narcissique) de mon canard vibreur et de mon Jack the Rabbit (si vous croyez vraiment que j'ai tout ça chez moi... c'est qu'on pourrait vous faire croire vraiment n'importe quoi, enfin voyons, je suis une fille naturelle, légumes à forme phallique et pomme de douche!).
Manu: Pensez-vous que ce type de post peut vous ramener un nouveau lectorat?
Manu: Effectivement, je trouve que mon lectorat manque de malades mentaux, d'obsédés, de dégénérés, j'espère ainsi leur dire: "non, vous n'êtes pas seuls, même les gens à priori normaux peuvent avoir des pulsions sexuelles".
Manu: Bien pour finir Manu, parce que je sais que vous avez un emploi du temps très chargé (la dernière inspection vendredi, si tout va bien), pensez vous renouveller l'expérience, écrire à nouveau un texte érotique ou une saga?
Manu: En fait, ça dépendra du public, comme dirait Mylène Farmer "ma plus belle histoire d'amour c'est vous"
Voilà:
Si vous voulez que Manu continue la Saga Burgos tapez 1
Si vous voulez que Manu zappe la saga et raconte juste sa folle partie de jambe en l'air tapez 2
Si vous voulez que Manu laisse tomber ces sagas à la con et raconte ses humiliations quotidiennes au collège, tapez 3

