Proxima estación Esperanza

Les premiers pas d'une jeune prof d'espagnol stagiaire célibataire.

29 juin 2008

On est en finale!!!

Voilà des semaines que les élèves me demandent:

"Madame, s'il y a un mach France Espagne pour l'EURO, vous serez pour qui?" Je leur répond que je serais bien embêtée, et que les deux équipes me tiennent à coeur. Alors pour une finale Espagne Allemagne, la question ne se pose même pas "VIVA ESPAÑA". Espagne

Mais je m'interroge, pour qui est-il lui?Daniel_Brulh Pour ceux qui ne le connaissent pas il s'agit de Daniel Bruhl, acteur Hispano-Allemand (Joyeux Noël, The Educators, Good Bye Lenine) (au passage, miam!).

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23 mai 2008

J'ai craqué

Aujourd'hui j'ai craqué.

J'étais avec la 3ème super mal élevée. Une de mes élèves s'est approchée de moi dans la cour et m'a carressé le bras? J'en suis restée comme deux ronds de flan, et j'ai dit "mais t'as un problème toi? ça va pas non?"

Dans l'heure suivante je l'avais en classe et elle a recommencé, là je suis allée jusqu'à "mais t'es tarée c'est pas possible." Et puis toutes les filles avaient envie d'aller au toilettes. Alors bien sûr, la règle c'est pas plus d'une à la fois. Et au bout de la sixième qui a levé la main en demandant si elle pouvait aller au toilettes, j'ai dit "mais c'est pas possible, vous êtes vraiment une classe de pisseuses!".

Je sais, un prof ne doit pas dire de grossièretés, en même temps, c'était ça ou "chieuses"!

Je craque, je vais au boulot avec un boule dans le ventre en ce moment. La direction ne suit pas nos sanctions, on a pas le droit de renvoyer les chieurs de cours, l'impression de devoir se laisser martyriser. Les collègues plus agés pètent les plombs autant que moi ne comprenant pas qu'on puisse arriver à un tel manque de respect. Quand on demande un carnet les élèves refusent de le donner, arguant qu'ils sont dans le bureau de la principale, on les envoie les chercher et ils reviennents les mains vides, et pourtant je ne suis pas en ZEP. J'admire les profs qui y sont, je pense que psychologiquement je ne serais pas assez forte pour tenir.

Et au milieu de tout ça, les disputes avec Fred. L'impossibilité d'écrire sur nous, parce qu'il lit, et qu'aussitôt ça entraine un décryptage de chacune de mes phrases et des disputes. Les gentils commentaires de ses copains qui disent qu'un enfant de cinq ans ne se planterait pas dans sa demande de mutation et que j'ai du faire exprès parce que je ne voulais pas une autre académie qu'Aix Marseille.

Et les lectrices de Fred qui commentent aussi, qui lui disent que je n'écris pas beaucoup sur lui. Parce que c'est bien connu, l'amour que l'on éprouve pour un être se mesure au prorata du nombre de ligne que l'on écrit sur lui sur un blog.

L'angoisse d'avoir ma disponibilité, aussitôt suivie par l'angoisse de ne pas l'avoir.

Et tout les matins, en passant devant la bretelle de la voie rapide qui amène chez mon médecin l'envie furieuse d'aller le consulter, et de lui dire: je n'ai mal nulle part, je n'ai pas de fièvre, par pitié, arrêtez moi une semaine, je n'en peux plus.

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28 avril 2008

Aphone

Hier matin quand je me suis réveillée, tout allait bien. Sauf que…ma voix déraillait. Hier soir déjà elle était cassée, et ma gorge me faisait mal, mais ce matin, c’est vraiment la cata. Une sorte de son métallique et discontinu sortait de ma bouche. Solution trouvée ? Me taire, on était samedi, ça devait être faisable. Je regardai les conseils pratiques donnés sur internet : pastilles d’Euphon, cocktail miel citron, foulard autour du cou et surtout NE PAS PARLER.

Comme je n’avais pas de pastilles (et plus grand-chose dans le frigo) je suis allée faire des courses. Ben mes amis, c’est quand on a plus de voix qu’on se rend compte à quel point on parle souvent dans la journée. A Carrouf ils ont du me prendre pour une folle quand j’ai demandé en chuchotant mes deux tranches de tazard au poissonnier, et mon faux filet charolais au boucher (bah oui on se fait plaisir) . J’avais l’air d’une parano se cachant d’une conspiration mondiale. Du coup je ne sais pas pourquoi, le boucher et le poissonnier m’ont répondu en chuchotant, c’était rigolo, j’avais l’impression de faire mes achats en secret au marché noir. Le boucher m’a demandé si je n’avais plus de voix parce que j’avais fait la fête, et je lui ai répondu que j’aurais bien aimé, que ça aurait été juste et logique, mais que non, que si je n’avais plus de voix c’était à force de crier sur les élèves. Il m’a donc suggéré de ne plus le faire, et de leur mettre des claques à la place. Evidement, j’y ai pensé, mais je si risque une paralysie du bras gauche tous les weekends à force de leur mettre de grandes claques dans la figure c’est pas non plus très sympa.

Finalement le passage en caisse s’est déroulé sans heurt, et la pharmacienne à été adorable. Elle m’a donné du « homéovox », et ça marche du tonnerre. En plus c’est homéopathique (encore que je m’en fous, de toute façon je mange des Mars et je bois du Coca, ce qui doit être au moins aussi mauvais pour la santé qu’une bonne dose d’antibiotiques).

Du coup, je me dis que je suis en forme pour le travail, moi qui me réjouissais déjà de passer une journée à la maison à regarder Sex and the city en me faisant les ongles aux frais du contribuable ! Heureusement, dans sa grande bonté le syndicat a déclaré la grève pour demain, et j’ai promis à mes copines syndicalistes que oui, celle là, je la ferais, et tant pis pour ma prochaine paire de Manolo Blahnik (m’enfin vous me croyez ? On est dans l’EduckNat quand même ! bon alors je reprends) et tant pis pour ma paire d’Eram ! Donc avec un peu de chance, demain y’a Manif, à force de crier « Darcos si tu savais ton rapport Pochard où on se le met », « Darcos t’es foutu, le professorat est dans la rue », je vais peut être me recoincer les cordes vocales, donc Mardi arrêt de travail, mercredi c’est le jour des enfants (et des profs), Jeudi c’est férié et vendredi, bah je reprendrais tout doucement en jouant au pendu.

Ah la la, c’est quand même pas facile la vie de prof.

PS : Post à haute teneur en second degré, en dehors du fait que demain y’a bien grève, que j’ai vraiment eu une extinction de voix, et que l’homéovox c’est vraiment génial, merci de ne pas prendre toutes les c…….. que j’écris au pied de la lettre! Non je ne souhaite pas mettre des claques à mes élèves, non je ne mange pas de Mars (enfin pas plus de 3 par an), et en plus non seulement je bosse le mercredi, mais c’est ma pire journée, cours de 7 à 12 heures, avec en autre réjouissances la 3ème Pénibles/Malappris, la 4ème Débile, et la 4ème ultrabavarde !

PS2 (oui comme la console de jeu) : en fait, pour tout vous dire, il y a des fois où si, quand même, j’aimerai bien mettre des claques à certains élèves, mais par lâcheté je ne le fais pas, j’ai trop peur de me prendre un coup de couteau où une assignation à comparaitre !

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22 avril 2008

Révolte

Parfois je pense qu’on devrait faire stériliser certains parents.

Voilà, c’est dit. Par exemple, quand je suis dans le train, en train d’écouter de la musique, et qu’un charmant bambin avec du gâteau prémâché dans la main hurle sans raison apparente dans tout le couloir en collant sa main immonde sur les passagers, et que sa maman lui dit « allez mon choupinet d’amour, soit sage, tu n’es pas très gentil… »

Ou alors quand en sortie cinéma je demande poliment aux élèves « vous voulez bien vous ranger sur un seul rang s’il vous plait, vous bloquez tout le trottoir », et qu’on me répond « non je suis bien là, je ne bouge pas ! ». Dieu soit loué c’est des troisièmes, et avec un peu de chance on ne devrait pas les revoir l’an prochain.

A la réflexion, après deux heures d’un film assez difficile, beau mais plombant (Mon ami Machuca) qui parle de tolérance, de différence, d’amitié pendant lesquelles les fameux 3ème n’ont cessé de changer de place, regarder des vidéos sur leurs portable, parler à voix haute… je me demande si vu leur langage et leurs hormones en ébullition on ne devrait pas les faire stériliser aussi… Au risque de choquer, c’est mon avis, et je le partage !

C’est terrible à dire, mais je suis encore assez naïve pour croire au retour de bâton. Je me dis que tous ces gens qui ont oublié les notions de respect, d’entraide finiront un jour par le regretter amèrement.

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20 avril 2008

Vous en pensez quoi vous si je vous dit que mon copain a besoin que je sois malheureuse pour être heureux?

Si je vous dis que je n'ai pas eu ma mutation, ni ma demande de disponibilité (pour cause de délai) que je dois rester un an de plus en Guadeloupe, et qu'alors que j'essaye de faire front à tout ça, il m'en veut parce que j'accepte la nouvelle. Qu'il m'en veut parce que cet aprem je suis allée à la plage pour essayer de me vider la tête de toutes ces idées noires au lieu de l'appeller en larmes.

Moi je ne sais qu'en penser. Je suis désolée d'être une si méchante et égoïste petite amie, mais me rendre malheureuse parce que je dois attendre un an de plus avant de vivre avec le garçon que j'aime, ce n'est pas pour moi la solution pour accepter les choses.

Alors... vous en pensez quoi?

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10 avril 2008

Le Whum

Quand tu vis en Gwada, il y a un truc qu’il faut aimer, c’est le Rhum. Si tu refuses un Ti-Punch chez un local, tu peux facilement passer pour une mauviette. Bon, alors le Rhum ici, il est un peu comme qui dirait « sa race de fort ». La première impression, c’est que t’as avalé de l’eau de vie Allemande, sauf qu’arrive la deuxième impression. C’est bon. C’est parfumé.

En Gwada il y a plein de marques de rhum : Le Damoiseau, Le Longueteau, Le Montebello, Le Reimoneink, le Domaine de Severin, le Bologne (le plus vendu) plus les rhums de Marie-Galante, qui titrent tout de même à 59° : Bielle, Domaine du Père-Labat, et Domaine de Bellevue. Dans tout ça, vous me direz, lequel est le meilleur ? Bon, alors il faut savoir que pour un guadeloupéen, le meilleur, c’est celui qui est produit chez lui, dans la distillerie la plus proche. Moi au début, je trouvais qu’ils arrachaient tous autant les uns que les autres, mais ça doit faire trop longtemps que je suis ici, parce que maintenant j’ai une préférence pour Le domaine de Severin, mon préféré en Guadeloupe continentale et pour le Bielle : celui que je préfère entre tous.

Si tu demandes à un guadeloupéen, le rhum est un produit miracle, ça soigne le rhume, les douleurs articulaires, le mal de gorge, enfin, bon, je suis quand même pas sûre que ça soigne la cirrhose du foie… Je dois bien avouer que l’autre jour j’avais un affreux bouton au fond de la gorge, j’ai passé un coton-tige imbibé dans du rhum dessus, et ben mon bouton est parti !

Pour ceux qui ne sauraient pas, je vis dans un haut de villa, juste au dessus de mes propriétaires qui sont antillais. C’est un petit couple de retraités adorable. Ils s’appellent monsieur et madame Quatre-quarts, en fait il ne s’appellent pas vraiment comme ça, ils ont le nom d’une autre pâtisserie, mais pour des raisons d’anonymat…

Monsieur Quatre-quarts est très marrant, parce qu’il aime beaucoup le rhum. Par contre, il boit jamais tout seul, ça non, c’est pas son genre, il boit avec ses amis… Le truc, c’est que ces amis passent tous les jours à la maison. Je vous disais, le ti-punch, ça arrache un peu la gueule, ici, il appellent ça un CRS (citron, rhum, sucre). Alors moi vous voyez, quand je prend l’apéro chez mes propios, je tente de me faire un CrS, avec beaucoup de citron, et beaucoup de sucre, mais faut la jouer discret. Parce que tu vois, sinon tu passes encore pour une métro( une métropolitaine, c'est comme ça qu'on appelle les blancs ici) qui ne sait pas boire, moi plusieurs fois déjà, on m’a dit que je mettais trop de sucre et de citron, et quand je réponds « oui mais j’aime bien comme ça », je sens bien peser ce regard sur moi, vous savez, ce regard qui dit « petite nature va ! ». Monsieur Quatre-quarts, il dit que « le whum agwicole il est natiwel. Il n’y a wien de plus natiwel», et que ce qui saoule, «c’est le citwon et le sucwe », quand aux glaçons, n’en parlons même pas, et « les jus de fruits dans le whum c’est le piwe, c’est ça qui donne mal à la tête ». L’autre jour j’avais mal à la tête, alors Monsieur Quatre-quarts m’a dit « pwend donc un Ti-Punch Manu», ça soigne tout j’vous dis. Madame Quatre-quarts elle dit qu’il ne faut pas écouter les bêtises de son mari, et de prendre plutôt de l’ibuprofène si j’ai mal à la tête, enfin, de « l’ibupwofène »Lui, il dit que Monsieur Quatre-quarts il est confit dans le rhum.

Monsieur Quatre-quarts il fait aussi du punch coco. Ca c’est super bon. Parfois je prend un punch coco. Monsieur Quatre-quarts aussi, il en prend un, pour accompagner son Ti-punch, mais bon, il remet une rasade de rhum pur dedans, parce que sinon c’est pas assez fort.

On a tord de sous-estimer la force du rhum antillais. Pendant les vacances avec Lui j’ai pris un planteur au restau, pourtant, un planteur, c’est plein de jus de fruits ! Et ben j’étais complètement paf après UN SEUL planteur ! Je disais plein de conneries, et Lui était mort de rire. Moi je trouvais pas ça drôle, parce qu’on était dans un restau sur la plage, et pour retourner à la serviette c’était pas facile avec toutes les racines par terre.

Il a peut être raison monsieur Quatre-quarts, le rhum, faut le boire « puw, c’est les jus de fwuits qui saoulent ! »

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04 mars 2008

Pour répondre (enfin) à Diane

J’ai du mal à en parler, à raconter, et pourtant avant je racontais le quotidien, l’anecdotique, je le fais toujours, pour parler du boulot. Mais là je sais pas. D’abord j’ai peur de dénigrer, de vexer, ensuite, et bien ça me fait mal, de l’aimer tellement, alors que finalement, je la connais si peu, et puis tout passe si vite que je m’enivre de chaque seconde.

Ca fait sept mois maintenant. Tout d’abord, j’aime ma vie ici, j’aime mon appart, bien plus vaste que mon petit studio en France. J’aime mon collège, malgré ces défauts, j’aime mes collègues, et dans l’ensemble j’aime beaucoup mes élèves. J’aime les amis que je me suis faits, les sorties restau/cine/théatre, la salsa, les petits repas entre copines avec S.

Et puis, surtout, j’aime l’île, les îles, les plages de Grande-Terre, les fruits, la jungle en Basse Terre, les doudous qui vendent du sobé coco sur les plages, le gout fort et parfumé du Rhum. J’aime rouler sur les petites routes de Guadeloupe, j’aime me poser sur une plage avec un bouquin, j’aime tant de choses, et j’ai un pincement à chaque fois que je pense que je n’en ai plus que pour quelques mois.

Il y a beaucoup de on dit sur la Guadeloupe.

On m’avait dit :

Les antillais sont dragueurs

Les antillais sont racistes

La Guadeloupe c’est très sale

La Guadeloupe tu aimes ou tu détestes.

La Guadeloupe c’est très cher.

Ah ouhais ? Tu pars en Guadeloupe, ben ça va être cool le taf là-bas…

Les guadeloupéens boivent beaucoup de rhum

Les bananes c’est les meilleures du monde.

Les Saintes c’est le paradis

En Guadeloupe tu vas aller à la plage tous les jours

Mais on ne m’avait pas dit :

Que les Antillais sont fous, mais fous de cyclisme

Qu’en Guadeloupe beaucoup de métro(politains) sont là parce qu’ils fuient quelques chose

Que le racisme peut être dirigé par une personne noire, contre une personne noire mais à la peau plus sombre.

Qu’à la radio, à part France Inter, pour écouter autre chose que du zouk faut se lever tôt !

Que je tuerais pour voir un film français au ciné, et je ne parle même pas de cinéma d’art et d’essai.

Que je prendrais autant de plaisir à aller au théâtre de l’archipel à Basterre.

Alors voilà, je vais essayer, point par point, de confirmer ou d’infirmer

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29 février 2008

Casse toi!

Non, cette histoire ne se passe pas dans un salon de l’agriculture. Elle se passe dans une salle de classe, dans un collège de Guadeloupe.

Profette est assise au fond de la classe, au tableau, un adolescent tremblotant tente de montrer qu’il est capable de parler pendant deux minutes en espagnol, il est en train de faire un bulletin météo à partir d’une carte murale de l’Espagne couverte de soleils, nuage températures… Sur sa droite, Yoan n’arrête pas de se retourner, bavarder, se moquer du pauvre bougre qui bafouille au tableau. Elle prévient Yoan « écoute Yoan, tu continues comme ça, tu fais encore une remarque déplacée et tu vas finir l’heure en permanence avec un rapport ! C’est bien clair ? » Yoan réponds, « oui madame », mais continue son manège. Profette est de plus en plus excédée, d’autant plus qu’au tableau Yaël a mal préparé son intervention, il bafouille de plus en plus et a des gouffres de mémoire. Profette le sermonne et lui dit « tu peux aller t’asseoir » et Yoan de rajouter « ouhais c’est ça, casse toi ! »

Pour Profette, c’est la remarque de trop, s’ensuit une demande de carnet, que Yoan n’a soit disant pas comme d’habitude, puis le renvoi promis avec un rapport.

C’est n’est que le lendemain que j’ai appris le « casse toi alors pauvre con » de notre président, oui celui là même qui trouve que le respect s’est perdu, celui là même qui veut passer la racaille au kacher. Et bien rassurez vous cher président, dans les collèges de notre belle France, les profs estiment qu’il est de leur devoir d’enseigner le respect, et un casse-toi peut donner lieu à un renvoi de cours, même quand on n’y a pas ajouté « pauvre con »… A bon entendeur !

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20 février 2008

Procrastinatrice professionnelle

J’ai un problème

Je procrastine. J’ai toujours été comme ça. Du genre à envoyer ma déclaration d’impôts à la dernière minute, à rendre les films en retard au vidéo club, à attendre 2 mois avant de larguer un mec dont je ne voulais plus, à avoir des amandes majorées, j'en passe et des gratinées.

Quand j’étais étudiante je vivais un calvaire. Je souffrais pendant des semaines de ne pas arriver à me mettre au travail, et arrivée à proximité de l’échéance je travaillais jour et nuit la peur au ventre, en me maudissant de ne pas avoir commencé à travailler plus tôt. Ca donnait lieu à de longues nuit de révisions, et par je ne sais quel miracle j’obtenais mes examens du premier coup (probablement parce que dans le même temps je ne taillais pas les cours, j’allais aux TD et j’ai une intelligence supérieure… ça va j’déconne). A force de procrastiner j’ai quand même mis deux ans à avoir ma maîtrise, et j’ai n’ai eu le capes qu’à la seconde tentative (et peut être aussi parce que c’est un peu « sa race de dur » le capes…)

Depuis que je suis prof, et ben… et ben pourquoi ça changerait ? Je remplis mes bulletins à la dernière minute, le pire c’est que l’urgence me donne des ailes et je suis beaucoup plus efficace en situation de stress. Je suis souvent très inspirée dans mes bulletins. Je prépare le sujet d’une interro la veille de l’interro, et pas au début de la séquence comme voudrait qu’on le fasse les Institutions (iuphme, IPR et tout le tintouin) et évidement, je commence à corriger un paquet de copies à dix heures du soir, en me disant : «  et merde, encore une nuit de cinq heures de sommeil ! »

Et là, ce soir, surprise, alors que j’allais me mettre à corriger un paquet, que vois-je ? Du stylo rouge, des notes… Mais bon sang ! Je l’ai déjà corrigé ! Alors j’étais tellement contente que je me suis mise à écrire un post, et là, il est déjà dix heures et demi, faut que j’aille me coucher parce que demain je me lève à cinq heure et demi, mais je sais pas… Je traine, je range des choses, je prépare mon sac… Je procrastine vous dis-je !

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28 janvier 2008

Rencontres du 4ème type

_ Hep madame ?

_ Oui Cassy ?

_  je vous ai vue hier à Carrouf !

_ ah bon ? (Putain d’ bordel, j’étais habillée comment hier ? Meeeeeeerde, j’avais un vieux tee-shirt informe et un pantalon méga large, la version moins pire du jogging en gros…) tu m’as vue où ?

_ Ben vous choisissiez un dentifrice.

_ Ah oui, ben oui je me brosse les dents tous les jours (putain mais pourquoi j’ai dit ça moi ?), et tu m’as pas dit bonjour ? T’aurais du ? (mon Dieu heureusement qu’elle ne m’a pas approchée, heureusement qu’elle ne m’a pas vue au rayon des petits culottes, heureusement que c’était pas il y a une heure à la pharmacie alors que j’achetais un traitement contre les mycoses. C’est certain ! Dieu existe !)

C’est marrant, enfin, façon de parler, mais je ne croise jamais mes élèves quand je suis à mon avantage. Je les croise soit quand j’ai une robe beaucoup trop sexy pour qu’elle soit vue par des individus qui ne me voient qu’en tenue de prof, soit quand je suis habillée comme un sac.

Et allez comprendre pourquoi, jamais quand je suis au bras d’un super beau garçon ! Non quand mes élèves me voient je suis au mieux avec ma mère ou seule, comme ça j’ai toujours l’air d’une pauvre fille !

Posté par manu_0210 à 02:17 - Devant le tableau noir - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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